samedi 21 janvier 2017

Interview et Etude de Marie-Josée du blog L'école des amours.


Marie-Josée est une femme généreuse qui partage depuis des années sur son blog L'école des amours. Ainsi, pour mon livre à paraître, Faire l'école à la maison, elle m'a spontanément proposé son essai intitulé "Education à domicile : Impact sur le rendement académique et la socialisation."

Elle a également accepté de répondre à mon interview et de partager son essai à télécharger ici. (C'est un peu long, il ne s'agit pas d'un "petit" essai ☺, ne vous découragez pas).

L'interview se trouve ci-dessous.



Avant de vous proposer l'interview, je souhaite toutefois préciser la situation de Marie-Josée.
Depuis quelques temps déjà, cette famille doit affronter la maladie d'un enfant, une toute petite fille... C'est pourquoi, sur son blog, vous trouverez un lien "Pot commun" et une liste de livres pour elle et sa soeur. En effet, quand la maladie est là, les finances fondent comme neige au soleil tandis que les enfants ont besoin de penser à autre chose...

Merci Marie-Josée d'avoir accepté mon invitation ! ☺


1/Depuis quand pratiques-tu l’instruction en famille ?

Depuis toujours! ;) Mes filles ne sont jamais allées à l’école.

2/ Quel âge ont tes enfants ?

Elles ont 6 et 10 ans.

3/ Pourquoi as-tu choisi l’IEF ?

Dès la naissance de ma grande fille, mes valeurs, mes priorités, mes désirs, mes idées ont subi une totale révolution. ;) Le lien intense que je ressentais subitement, je ne l’avais pas anticipé. Enceinte, je pensais qu’après l’accouchement, j’allais terminer mes études à temps plein, puis travailler, et donc que mes enfants iraient à la garderie. Ma grande n’avait que 4 mois lorsque je recommençai l’Université (bébé restant avec papa durant les cours). Je n’ai tenu qu’une journée. Haha! Je sentais que je faisais ce que me dicte la société (étudier, travailler, faire garder ses enfants), et non ce que moi et ma fille avions besoin. De-là, a débuté un maternage proximal avec lequel je me sentais bien, qui cadrait avec ce que je voulais et ce que je sentais le mieux pour ma fille. Pourquoi remonter si loin dans le temps? Parce qu’à partir de là, j’ai suivi ma petite voix intérieure plutôt que ce que la société attendait de moi.
Depuis toute petite, le monde de l’éducation me passionnait, mais sans avoir le désir d’être enseignante pour une grande classe. Dès lors que j’étais enceinte, je disais avoir hâte à la période où elle serait à l’école pour l’accompagner dans ses devoirs. ;)  Avant cela, j’avais fait de l’aide aux devoirs bénévolement ; alors oui, cela m’attirait. ;) Lorsqu’elle a eu près de deux ans, j’ai découvert que l’école à la maison était possible. Wow! Je pourrais être au côté de mes enfants, les voir évoluer, être témoin de leur découvertes, de leur émerveillement, suivre leur rythme, leurs intérêts, leurs styles d’apprentissage, garder leur soif et leur joie d’apprendre, les exempter de la pression inutile que subisse les enfants à l’école, la compétition…  J’étais emballée!

4/ As-tu choisi une méthode particulière ?

J’ai choisi prioritairement la méthode Montessori. J’ai beaucoup lu sur plusieurs méthodes pédagogiques, mais c’est celle-ci qui me ‘parlait’ davantage. Toutes les méthodes alternatives me semblaient intéressantes de par le respect de l’enfant, de son rythme, ses intérêts…, mais je crois que celle-ci a davantage retenu mon attention puisqu’elle venait chercher en moi mon petit côté ‘conventionnel’. «Les personnes de ce type ont une préférence pour les activités précises, méthodiques, axées sur un résultat prévisible. Elles se préoccupent de l’ordre et de la bonne organisation matérielle de leur environnement. Elles préfèrent se conformer à des conventions bien établies et à des consignes claires plutôt que d’agir avec improvisation». Hihi! Bref, je voulais suivre leur rythme, leurs intérêts…, mais j’avais besoin d’une ligne de conduite claire en même temps. N’ayant pas la possibilité de me former à la pédagogie Montessori, j’utilise également d’autres supports, parfois plus formels, parfois moins (livres de la littérature jeunesse, Lapbooks, documentaires sur You tube, l’imagination de mes filles qui trouvent toujours des tonnes de bonnes idées…).

5/ Dans quelle région vis-tu ?

Nous demeurons au Québec, plus précisément dans la magnifique région de Charlevoix depuis quelque temps, mais malheureusement pas pour encore très longtemps. ;(

6/ Quelles sont vos obligations en tant que parents sans école ?

Au Québec, la loi mentionne que l’enfant doit recevoir à la maison un enseignement et une expérience éducative jugés équivalents à ce qui est dispensé à l’école. Par contre, il existe un flou réglementaire concernant l’école à la maison. Ceci occasionne des interprétations différentes de la loi de la part des commissions scolaires, des associations de parents ainsi que des parents eux-mêmes, notamment en ce qui concerne la façon dont devrait être faites l’évaluation de l’enseignement et de l’expérience éducative. Parfois, les commissions scolaires tentent d’imposer des examens aux enfants, alors que les parents préfèrent que l’évaluation de l’enseignement se fasse à partir de la présentation d’un portefolio. En effet, rien dans la loi n’indique comment devrait se faire cette évaluation.  

7/ Y a-t-il beaucoup de familles sans école dans ta région ?

En milieu rural, il est parfois difficile de trouver d’autres familles faisant l’école à la maison. Nous y vivons depuis peu de temps et notre situation particulière a fait en sorte que je n’ai pas entamé de recherche approfondie pour le moment (ma plus jeune ayant la leucémie ; les sorties, les contacts avec d’autres jeunes doivent être limités la première année de traitement à cause du trop grand risque d’infection. ;( L’année prochaine, nous devrons revenir dans notre ancienne région. Une plus grande région dont je connais déjà le réseau d’école maison. J Je ne connais pas le nombre exact de familles ; certaines ne sont probablement pas connues, mais il y en a plusieurs oui. Bien plus que je le croyais au départ pour une ville en région. ;)

8/ Quelle est ta formation ?

J’ai un baccalauréat en psychologie (= Licence en France) suivi d’une maîtrise en sciences de l’orientation. Dans le cadre de ma maîtrise, j’ai eu la chance de pouvoir réaliser mon essai sur le thème de l’école à la maison, alors que j’étais enceinte de ma deuxième fille et que je pensais de plus en plus à l’idée de faire l’école à la maison. ;)

9/ Pourrais-tu nous présenter en quelques mots ton essai sur l’IEF : quel en est le thème et pourquoi l’avoir choisi ?

Le thème de mon essai portait sur le rendement académique et la socialisation des enfants faisant l’école à la maison en commençant par expliquer le phénomène, son histoire, les lois au Québec,… Bref, après un chapitre d’introduction pour parler du phénomène, j’y ai présenté de nombreuses études et leurs conclusions sur le rendement académique et la socialisation des enfants faisant l’école à la maison. J’avais également consulté des études portant sur le devenir de ces enfants une fois adulte. Le choix de ce thème n’est évidemment pas anodin aux questionnements que j’avais à l’époque, à savoir «allons-nous faire l’école à la maison à nos filles? ; est-ce une bonne idée? ; est-ce que cela pourrait nuire à leur développement, leur socialisation…?»

10/ Au sujet de ton essai, quels sont les points marquants que tu aimerais citer ?

Mon essai comprend de nombreux points marquants (difficile de résumer 156 pages ;) (j’ai consulté d’innombrables articles scientifiques très intéressants), mais évidemment, ce que j’ai découvert en faisant cette recherche était positif sur de nombreux aspects puisque j’ai choisi cette option pour notre famille. ;) Les enfants scolarisés à domicile obtenaient des résultats égaux ou supérieurs à la moyenne autant concernant le rendement académique que la socialisation. Voici tout de même les points qui ont davantage retenus mon attention :
-        Les jeunes éduqués à domicile percevaient plus souvent leurs parents comme étant les figures principales d’autorité que les jeunes éduqués dans des écoles privées. Ces derniers étant plus influencés par leurs pairs.
-        Les résultats des enfants éduqués à domicile notaient chez ces derniers un plus haut niveau d’intérêt parental et de communication, une plus grande indépendance envers les pairs, un plus grand sens des responsabilités et un plus bas niveau de stress.
-        Les enfants de l’école traditionnelle avaient huit fois plus de problèmes de comportements que les enfants de l’école à la maison. Ces derniers ayant une attitude plus amicale, positive et coopérative.    
-        Les enfants éduqués à domicile se sont bien intégrés à la société en atteignant généralement de hauts niveaux d’éducation et d’emplois.
-        Les jeunes éduqués à domicile sont plus indépendants et créatifs.
-        Etc. etc… Vraiment, j’y ai lu plusieurs recherches très intéressantes que j’ai citées dans mon essai. 

Mes livres afin d'en savoir plus sur l'instruction en famille :
 

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4 commentaires:

  1. Bonjour Isa,
    Merci pour cet interview, je lirai le reste de l'essai de Marie-Josée qui même si basé au Québec doit pas mal se transposer en France (en partie le fait les examens lors des inspections..).
    Martine42

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  2. Bonjour Martine,
    En effet, une bonne partie de cet essai est transposable à l'instruction à domicile en France.
    Bonne journée !

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  3. Très intéressant !
    J'ai ressenti la même "attirance" pour l'IEF alors que notre première fille était très petite. Envie de tout donner et de ne pas évoluer dans un contexte conventionnel et rigide.

    Par contre, je vais lire avec intérêt l'essai de Marie-Josée (même si basé au Québec).
    Et j'aimerais tant qu'une étude sérieuse soit faite en France sur le devenir des enfants ex-IEF...

    Bonne journée. Valérie

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    1. Merci Valérie pour ce commentaire. Bonne découverte! J'ai lu beaucoup de documents, plus encore pour l'écriture de mon nouveau livre et celui de Marie-Josée est cité tant il m'a paru intéressant. :)

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