jeudi 26 mai 2016

Transmettre l'amour de la lecture : "Et chez toi les livres ont quelle place ?"



Petite enfance et histoires partagées.


Tandis que mon ventre se tendait jour après jour, je parlais à l'enfant qui s'y cachait, puis en fin de grossesse je lui ai raconté de petites histoires, déjà je désirais partager avec elle mon amour des mots. C'était un lien qui se construisait... 
Et si lorsqu'elle est née j'ai cessé de lire durant quelques temps, un des tous premiers cadeaux qu'elle reçut de ma part fut un livre, un simple livre cartonné qu'elle a goûté au sens propre, mais qu'elle a aussi très vite manipulé.
Pour elle j'ai laissé chanter les mots, c'était une histoire de chats déjà. :)
Il y eut un livre de bain qui n'eut jamais le même succès mais l'accompagna malgré tout. 
Pour elle j'ai ensuite imaginé de petits contes dont elle se régalait, me réclamant encore et encore la même histoire tout en crapahutant sur et autour de moi.
Lorsque mon ventre a de nouveau abrité la vie, ces contes ont bercé L.Tandis que les mots s'échappaient de ma bouche, M. contre ou autour de moi, ma main se posait régulièrement sur mon ventre et L. se collait contre elle, comme pour mieux écouter.
Quelle merveilleuse explosion de joie quand leur papa leur offrit un grand livre rouge empli d'histoires à savourer ensemble, elles avaient alors 3 et 6 ans.
Il y eut leurs fous rires et leur complicité en le feuilletant à deux ou à trois, il y eut également leurs premières tentatives, leur "c'est moi qui lis" où appelant leurs souvenirs ou leur imaginaire à la rescousse elles racontaient une histoire. 


Enfance et lire par soi-même


 Lorsque M. a eu 3 ou 4 ans elle a manifesté le désir de lire, je lui ai refusé ce bonheur, ne souhaitant pas entrer en concurrence avec l'école... J'avais appris à lire seule au même âge, je pensais que les indices pris ici et là suffiraient si elle était vraiment prête...
Elle renonça à demander et se désintéressa de la lecture autonome... Lorsqu'elle fut en CP, je compris qu'elle craignait alors que je cesse de lui lire des histoires, je lui avais alors promis que je lirai pour elle aussi longtemps qu'elle le souhaiterait. 
Des heures et des heures de lecture furent partagées. 
Apprendre à lire s'avéra cependant compliqué... 
Pendant des années elle alterna entre appétit de lire et rejet de la lecture seule.

Lorsqu'à 4 ans, L. manifesta le désir de lire, je répondis différemment. M. avait appris avec moi avec une méthode syllabique, il y avait eu des souffrances qui auraient pu être évitées sans cette lecture semi-globale imposée à l'école... L. apprit donc avec une méthode syllabique personnalisée pour elle.
Elle dévora des bande-dessinées et des Cabanes magiques (ici  par exemple). Peu importait le lieu, peu importait la position, elle lisait encore et encore. Et puis ses lectures devinrent ambitieuses. A 10 ans elle découvrait Sartre, seule.

Pour les deux filles le cadeau demandé était souvent un livre, choix qui leur a régulièrement valu des retours interrogatifs "encore un livre ? Tu es sûre que tu ne veux pas autre chose ?". Le meilleur moyen de leur faire plaisir était de leur offrir une autre occasion de voyager ou découvrir avec des pages à feuilleter... 


Adolescence et bonheur de lire


L'adolescence ne nous a pas empêchées de poursuivre nos lectures à deux (les deux filles) ou à trois. 
Il a fallu de longues années à M. pour qu'enfin ce bonheur de prendre un livre seule revienne. Aujourd'hui elle prend plaisir à lire. 

Quant à L. elle dévore ! Pas une journée ne se passe sans qu'elle ne lise, de tout, aussi bien des livres légers que des ouvrages très spécifiques et complexes. 

Conclusion :
Depuis toujours elles m'ont vue lire, depuis toujours les livres les entourent, les mots les bercent. Elles aiment lire, elles aiment écrire et je n'ai finalement eu qu'un seul regret : ne pas avoir entendu M. lorsqu'elle me demanda de lui apprendre à lire. Mais je crois que l'amour des mots s'offre, il ne s'impose pas. 
Lire est une évasion extraordinaire, un moyen de s'informer, de réfléchir. Lire est une porte vers les autres et vers soi et je suis heureuse qu'elles continuent de pousser cette porte jour après jour.


C'était ma participation aux jeudis de l'éducation,
les autres participations sont à découvrir en suivant les liens : 


Mes livres sur l'instruction en famille : 

6 commentaires:

  1. Merci pour ton témoignage ! Je t'ai mis un message sur Facebook aussi :)

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    1. Merci à toi (y compris pour les infos ;)). Bonne soirée !

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  2. Superbe rétrospective que l'histoire de la lecture de tes filles.
    J'espère que je vais réussir a intéressé autant mon petit monstre à la lecture.

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    1. Merci pour ton passage et ton petit mot Valérie. :)
      Tu sais je n'ai pas cherché à leur donner l'envie de lire, j'ai simplement partagé ma passion pour la lecture et je crois que c'est finalement ce qui les a encouragées à lire elles aussi. :)
      J'espère que ton petit loup connaîtra le même bonheur !
      Bonne journée !

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  3. Je viens de découvrir votre nouveau blogue. J'avais noté le lien de votre ancien blogue il y a longtemps. Pour la lecture, chez nous c'est la même chose. Nos enfants ont grandi entourés de livres et en grandissant leur amour des livres continue :-) Mission accomplie :-) Un de nos fils veut devenir écrivain; j'espère qu'il pourra réaliser ce rêve.
    Je travaille sur un projet spécial qui encouragera les enfants à lire... j'espère pouvoir le démarrer en septembre :-)

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    1. Je le lui souhaite ! :)
      Quant à votre projet, bonne continuation et tous mes voeux de réussite alors !

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