vendredi 25 mars 2016

Quand l'instruction en famille se passe mal

Instruction en famille problèmes

   Vous en aviez rêvé, vous imaginiez que tous les soucis seraient résolus, que vous alliez vivre une fabuleuse aventure et jour après jour la désillusion vous gagne...
Généralement la culpabilité la suit... A fortiori si l'école est inadaptée au profil de votre enfant, a fortiori s'il y a souffert..

Faut-il renoncer à l'instruction en famille ? 

Des questions à se poser

 
pourquoi instruction en famille se passe mal

Première question à vous poser : Pourquoi avez-vous choisi l'instruction en famille ? 


Est-ce parce que vous aviez envie de vivre une expérience différente ?
Parce que c'était un choix longuement mûri ? 
Parce que votre enfant le demandait ?
Parce que vous pensiez qu'il n'y avait pas d'autre alternative ?

Les raisons d'instruire son enfant sont multiples, l'objectif n'est pas ici de les énumérer mais de vous souvenir de vos raisons, d'estimer si elles sont toujours d'actualité.
Si un bon nombre de familles optent pour l'instruction en famille durant plusieurs années, d'autres se contentent de vivre l'expérience de l'IEF durant une année puis scolarisent, c'est leur droit ! D'autres alternent entre école et maison, là encore c'est possible. 
Il n'existe aucune réponse unique. 

Question 2 :  Vos enfants souhaitent-ils être instruits en famille ? 

 

Un bon nombre d'enfants aiment apprendre à la maison. Parfois ce n'est cependant pas vrai... Si l'école est reproduite à la maison ou si des cours par correspondance sont utilisés, certains enfants n'apprécient pas. Cependant ce n'est généralement pas le souci, en effet lorsque le parent opte pour une instruction avec heures programmées, leçons, dictées, etc. mais que ce même parent est souple, aimant, attentif, l'instruction en famille est régulièrement appréciée par l'enfant ! Face à un enfant au profil différent, ces mêmes parents s'adaptent parce qu'ils ont opté pour la bienveillance et qu'instruire son enfant autorise une véritable pédagogie personnalisée.  

Certains enfants ont cependant besoin de voir plus et plus souvent d'autres enfants... 

Ou vous parviendrez à mettre en place suffisamment d'activités et de rencontres ou bien des grincements de dents pourraient être entendus...  Peut-être n'aurez-vous pas le choix et devrez-vous scolariser, ce n'est pas un échec ! Au contraire vous avez su entendre votre enfant. 

 

Question 3 : Et vous ? Aviez-vous vraiment envie d'instruire vos enfants ? 


Tous les parents ne souhaitent pas rester au foyer... Même en adorant nos enfants, nous avons le droit d'exister en dehors d'eux ! Or si nous avons le sentiment de devoir toujours penser à eux d'abord, l'impression de ne plus avoir de vie, nous étouffons... Sommes-nous pour autant des parents indignes? Bien sûr que non !

Dans cet article j'évoquais les choix des parents : activités ou pas ? N'hésitez pas à le lire ou le relire.
Il est possible de cumuler instruction en famille et travail mais ce choix n'est pas évident à mettre en place et dépendra de l'âge de votre enfant, du nombre d'enfants, de vos choix pédagogiques, du fait que les deux parents soient prêts à se partager les tâches, de votre emploi, de votre organisation et de votre résistance !

Là encore vous n'êtes pas des parents indignes si vous ne vous sentez pas prêts à instruire votre enfant! Nous pouvons avoir peur de ne pas être à la hauteur et développer notre confiance en nous-même mais nous ne pouvons pas nous forcer à être différent de ce dont nous avons besoin !

Des alternatives existent ainsi une amie ne voulait pas renoncer à sa carrière et a opté pour une jeune fille au pair et une instruction partagée avec son mari. Le mien était d'accord pour quelques bricolages mais il ne se voyait pas assumer la responsabilité de l'instruction de nos filles, par conséquent je n'aurais pas pu opter pour la même alternative que cette amie et si j'avais souhaité privilégier également ma carrière, il m'aurait fallu choisir. Aurais-je été une mauvaise mère pour autant ? Bien sûr que non, peut-être aurais-je opté pour des cours particuliers, aurais-je rencontré les bons intervenants ? Des personnes sachant s'adapter à leurs profils ? Peut-être aurais-je opté pour un autre choix, comment savoir ? Cependant j'ai choisi d'avoir des activités pour moi-même, c'était important pour moi.

réussir l'instruction en famille

Instruction en famille : des conseils pour que ça se passe bien

Avant toute chose, n'hésitez pas à lire la rubrique suivante si vous êtes concernés : "L'instruction en famille quand l'enfant va mal".  

Conseil 1 : Pas de comparaison !


Ne vous comparez surtout pas aux familles aperçues dans des blogs, n'oubliez pas que ce sont simplement des fenêtres et que notre réalité ne peut donc pas y apparaître dans son intégralité. D'autre part nous sommes nombreux à avoir fait le choix de simplement montrer des activités. 
Ne vous comparez pas non plus aux autres familles rencontrées ou aux familles scolarisantes. 
Une comparaison est rarement positive ! Soit on se sent supérieur et ce n'est pas très enrichissant, soit on se sent inférieur et c'est démoralisant ! 
Maintenant il est difficile d'y résister et quel que soit le piège dans lequel vous tombez, n'oubliez pas que nous tombons tous dans l'un ou l'autre à un moment ou un autre, l'idée est d'éviter ces pièges et de se pardonner lorsqu'on ne parvient pas à en éviter un. 
Suivez simplement le rythme de votre famille, de votre enfant ! 
Donnez-vous du temps !

Conseil 2 : Revoyez vos exigences à la baisse


Désireuses de bien faire ou angoissées à l'idée d'être jugées, de ne pas parvenir à réussir aussi bien ou mieux que l'école, un certain nombre de familles attendent beaucoup, trop d'elles. 
La pression ressentie est importante, les enfants peuvent être tentés de fuir en refusant les apprentissages ou en entrant en opposition. 

Conseil 3 : Accordez-vous des pauses ! 


Fatigués par votre quotidien ou tout simplement ne sachant plus comment vous organiser, prenez un temps pour vous poser, pour vivre tout simplement. 

Conseil 4 : Ne cherchez pas à copier les choix des autres.


Si vous êtes attirés par le unschooling, mais que vous n'êtes pas prêts, ne cherchez pas à entrer dans celui-ci sans vous accorder des étapes intermédiaires. Sinon vous pourriez être angoissés à l'idée de ne pas en faire assez et avoir des moments de panique où vous demanderiez tout à coup beaucoup à votre enfant. 
Si vous êtes attirés par le homeschooling ou les cours par correspondance mais que finalement vous ne vous y retrouvez pas, prenez le temps de la réflexion, voyez si vous pouvez alléger les cours. 
En bref : cherchez ce qui est important pour VOUS ! Peut-être pourrez-vous être scolaires sur certains points et pas sur d'autres. En désaccord avec vous-même, vous aurez plus de mal à trouver vos marques. 
Donnez-vous du temps pour trouver vos repères. Aucune pratique n'est figée dans le temps !

Conseil 5 : Ne restez pas isolés


Rencontrez et échangez avec d'autres familles, vous découvrirez ainsi que toutes les familles ont des moments de doute ! 

Conseil 6 :  Communiquez


Si votre enfant réagit vivement, discutez avec lui, essayez de comprendre ce qui ne va pas. 
A-t-il besoin de digérer un vécu difficile ? 
Est-il angoissé par quelque chose ? 
Se sent-il en difficulté face à un apprentissage ? 
A quoi s'intéresse-t-il ? Comment pouvez-vous aller à sa rencontre par le biais de ses intérêts ? 

Bonus


Sur le blog je vous propose également des pistes de réflexion centrée autour de "Pourquoi mon enfant ne veut pas travailler ?
 

L'instruction en famille quand l'enfant va mal

instruction en famille quand enfant va mal


Tout devient plus difficile lorsque l'enfant va mal... lorsqu'il s'agit d'une déscolarisation pour cause de mal-être, soit parce que l'enfant était harcelé, soit en raison de problèmes avec les enseignants ou encore parce qu'il a un profil particulier.

1er constat : la culpabilité


Lorsque nous déscolarisons parce que notre enfant souffrait à l'école, nous culpabilisons...
Nous culpabilisons de ne pas avoir choisi un système qui lui convient et nous culpabilisons pour ses souffrances : pourquoi n'avons-nous pas pu/ne pouvons-nous pas empêcher notre enfant de souffrir ? Pourquoi n'avons-nous pas compris avant ? Qu'avons-nous fait de travers ?
Et la culpabilité continue de grandir car il est bien plus facile de remettre en question autrui que de se remettre en question soi et d'autres nous remettent en question, jugent... Le système scolaire actuel est inadapté à un certain nombre d'enfants, mais on parle de problèmes chez ces enfants au lieu de comprendre que le problème est que ce système ne parvient pas à s'adapter ! Notre enfant n'est pas le seul à avoir souffert/à souffrir dans ce système, ils sont des dizaines de milliers en France...

Ne laissons personne nous culpabiliser, pas même nous !
Peut-être n'avons-nous pas pris la bonne décision à chaque fois, qui peut se targuer du contraire ? Quand tout va bien, il est plus facile de choisir !
Le plus important n'est pas ce qui s'est passé avant, mais ce que nous pouvons faire maintenant !
Et si notre enfant a un profil unique, s'il a vécu des moments difficiles (harcèlement ou autre), ce n'est ni sa faute ni la nôtre !  

2e constat : la souffrance


 Ce n'est pas parce que l'enfant est déscolarisé que la souffrance cesse...
Peut-être l'enfant semblera-t-il aller mieux dans un premier temps, mais s'il a beaucoup souffert, il y aura des "rechutes" et surtout surtout l'enfant aura besoin de temps ! Déscolarisée au CP, ma fille cadette a eu besoin d'une année, l'aînée bien davantage.
Ce n'est pas sans conséquence sur les apprentissages... Chaque enfant ne réagit pas de la même façon, certains ont une soif d'apprendre qui semble sans fin ; d'autres alternent entre bonheur d'apprendre et rejet des apprentissages et vous ne comprenez pas pourquoi cet enfant plein de bonne volonté hier est tout à coup si rétif à l'idée d'apprendre, pourquoi il semble tout refuser y compris parfois vous...
Il a simplement besoin de digérer cette souffrance, d'apprivoiser son histoire, de se retrouver.
Donnez-lui du temps et proposez-lui des activités où il aura l'occasion de constater qu'il peut réussir ! Ne cherchez pas du côté scolaire, proposez une maison en légos, un gâteau, un match de football, peu importe l'activité tant qu'il s'y trouve mis en valeur.

3e constat : se réconcilier progressivement avec le bonheur d'apprendre


Dans un premier temps peut-être ne pourra-t-il pas s'approcher d'un support formel ou d'une activité s'apparentant à une matière scolaire, les jeunes déscolarisés ont souvent besoin d'une période "bulle".

Puis, pour des activités plus "scolaires", proposez de manière à ce qu'il se sente en confiance, explorez ses centres d'intérêt, laissez-le libre d'aller plus loin, de chercher ou bien de renoncer à ce qui lui pose vraiment problème.
Pour apprendre à marcher on apprend à poser un pied après l'autre. Pour réapprendre à aimer apprendre, c'est la même chose ! 
  

Un article évoquant les difficultés chez Trois dans le petit nid là. 

6 commentaires:

  1. Tes articles sont toujours si complets, je suis très admirative! cela va, une nouvelle fois, servir à beaucoup de personnes!!

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  2. Article très complet et vraiment bien écrit : une perle à garder sous le coude, je partage !

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  3. Super article que je suis toute contente de lire au retour de mon weekend de Pâques. il aide à sortir de la logique du "tout ou rien" (tout étant : l'IEF telle que je me la suis imaginée) !

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    1. Merci pour ton retour Gwen, tant mieux s'il t'aide à affiner ta réflexion ! :)
      Bonne journée !

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