lundi 1 février 2016

Instruction en famille, je n'aurais pas la patience !

instruction en famille pas la patience

   Pas la patience de m'occuper d'un enfant.
Pas la patience de rester auprès d'eux.
Pas la patience de supporter leur torrent d'énergie.
Pas la patience de vivre avec eux au quotidien.
Pas la patience de les instruire.

  •   Faut-il être un trésor de patience avant de décider d'être parent

  S'il fallait être un trésor de patience sur pieds, je crains fort que nous serions alors nombreux à ne jamais avoir d'enfant car si les personnes parfaitement patientes me laissent baba, elles sont extrêmement rares...
Pourtant nous décidons d'être parent malgré tout. Même s'il est parfois plus facile d'être patient avec les enfants des autres qu'avec les nôtres! Tellement se joue dans nos relations parent-enfant, nos doutes, nos craintes de ne pas être de suffisamment bons parents, notre propre histoire : ainsi ne sommes-nous pas plus impatients lorsqu'un enfant nous ressemble trop ou au contraire très peu ? Ne sommes-nous pas plus impatients quand une de ses attitudes nous renvoie à une ancienne souffrance d'enfant?
Mais nos enfants ont-ils besoin d'un parent parfait ? N'est-ce pas stressant d'être confronté à la perfection? Comme si c'était ce que l'on attendait de nous, d'eux : l'impossible perfection.
Même les parents très patients ne sont pas parfaits et tant mieux !

  Un mouvement d'impatience peut être expliqué, on peut demander à être excusé pour celui-ci. Un mouvement d'impatience peut même être un moment d'instruction : dans certaines circonstances l'enfant peut aussi comprendre qu'il est allé trop loin, qu'il a touché à nos limites.
Vivre ensemble, se socialiser, c'est aussi apprendre à tenir compte des besoins de l'autre. 

  • Je ne pourrais pas instruire mon enfant, je n'aurais pas la patience! 


   Combien de fois ai-je entendu ou lu cette petite phrase ?
Souvent, très souvent...  Et moi-même j'ai souvent dit ou constaté qu'il y avait bien plus de difficultés lorsque le parent IEF manquait de patience, la remarque n'est donc ni anodine ni dénuée de fondement. Des précisions s'imposent.

On peut instruire son enfant sans diplôme, cependant une certaine dose de patience sera utile. Cela ne signifie pas qu'on doit être un modèle parfait de patience, résister à tout y compris aux hurlements incessants. On ne nous demande pas d'être héroïque, toujours prêt à répondre présent, toujours prêt à supporter une grande quantité de bruit, toujours prêt à marcher sur une avalanche de jouets, toujours prêt à sourire même lorsque les enfants sont de mauvaise humeur (et nous aussi). On ne nous demande pas la perfection et nous n'avons pas à l'exiger de nous-même.

   La patience indispensable concerne le rythme de l'enfant, souvent lorsque l'instruction en famille se passe moins bien, j'ai constaté que le parent n'était pas assez patient au sujet du rythme personnel de son enfant. Souvent les parents ont beaucoup de bonnes intentions, mais aussi beaucoup de craintes... Nous craignons de ne pas faire ce qu'il faut, nous craignons de ne pas répondre correctement à notre enfant, nous craignons qu'il n'ait pas le niveau et, souvent sans le vouloir, nous exerçons une pression sur notre enfant, trop inquiets des normes qu'on édicte ici ou là. Ne nous comparons pas, ne comparons pas nos enfants, écoutons-le vraiment, suivons son rythme à lui.  Lorsque, encore scolarisée au primaire, l'aînée de mes filles revenait avec des leçons, il m'est régulièrement arrivé de manquer de patience parce que ces leçons ne correspondaient ni à son rythme physiologique (besoin de ne plus étudier formellement, besoin de jouer, de se reposer, y compris après une pause entre l'école et les leçons) ni à son rythme personnel. En instruction en famille, à chaque fois que j'ai oublié ce principe indispensable, à chaque fois c'est là où il y a eu une difficulté dans leur accompagnement et à chaque fois que j'ai accepté de les regarder elles, cela allait bien mieux! ☺

Oscar Wilde : "Soyons nous-même, les autres sont déjà pris".


   En ce qui concerne la patience au quotidien, tout dépend des besoins de chacun et des enfants ! Les enfants ne sont pas identiques, certains sont très calmes quand d'autres ont une énergie débordante plus susceptible d'user notre patience alors là encore pas de comparaison. Si untel vous dit que son enfant sait se tenir lui, qu'il est sage, c'est peut-être parce que cet enfant a un tempérament très calme!  De plus nous n'avons pas tous les mêmes besoins : quand une douche ou un café pris seul(e) suffira pour recharger les batteries de certains, d'autres auront besoin d'un espace ou d'un moment fixe personnel ! Ecoutons nos besoins, essayons de voir comment nous pouvons les respecter, les concilier avec ceux de notre enfant. Notre capital patience s'en trouvera renforcé ! ☺

   Et si nous perdons patience, n'oublions pas : les parents parfaits n'existent pas !

A ce sujet vous pouvez retrouver mon article "Super maman le mythe du parent parfait"

Mes livres sur l'instruction en famille : 

11 commentaires:

  1. Je ne peux qu'être d'accord.
    Merci pour cet article !

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    1. Merci pour ton retour. :) Très bonne journée !

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  2. Merci pour cet article bien utile pour baisser la pression ;-)
    et j'adore la citation d'O.Wilde !

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    1. Merci Gwen pour ton retour ! :) J'ai découvert la citation sur un autre blog et j'ai pensé qu'elle s'adaptait parfaitement à cet article, à ne pas oublier ! :)
      Bonne journée !

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  3. magiquesmala blog eklabog1 février 2016 à 20:53

    Fan de cet article bravo ♡.♡ tu as su mettre des mots sur ce que j entends régulièrement

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    1. Merci pour ce retour et ton enthousiasme. :) Il y a longtemps que je pensais à écrire un tel article tellement j'entends souvent cette petite phrase. :) Bonne journée !

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  4. 100% d'accord avec toi. Le principe restant de se dire que chacun de nos enfants est différent et que nous ne pouvons pas appliquer une seule recette à tous...comme à l'école.

    Mais bien plus que la patience, il me semble que ce qu'il est important de faire, c'est de donner sa confiance à l'enfant, d'emblée et la lui signifier clairement. Il me semble qu'ainsi, on s'épargne bien des conflits et des malentendus.

    Maintenant, cette petite phrase, je l'entends très souvent et je me dis souvent que ce n'est qu'une excuse pour ne pas avoir à prononcer cette autre phrase: "Je n'ai pas envie d'instruire mon (ou mes) enfants". Ce que nous pouvons bien entendu comprendre. Chacun est libre de choisir !

    Bonne journée. Valérie

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    1. Merci de ton commentaire Valérie. :) Possible en effet que ce soit un moyen de couper la réflexion, parfois j'ai tout de même eu l'impression que la personne était vraiment tentée mais craignait de ne pas être à la hauteur, soit en terme de patience, soit en terme de niveau... Quelle que soit la raison, elle est tout aussi fondée que la nôtre lorsque nous avons choisi ou poursuivi l'instruction en famille. Comme tu l'écris si bien "Chacun est libre de choisir!" Bonne journée.

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  5. Et quand c'est un papa qui se retrouve devant le choix de l'instruction à domicile.
    Les papas sont-il de fait moins compétent ?
    Quand notre choix va à l'encontre de celui des mamans peut-on faire entendre une voix ?
    Je voudrait pouvoir témoigner ..... trouver la force ... c'est difficile d'être papa c'est souvent mal perçu quand on essaie d'exister autrement qu'en apportant l'argent ....

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    1. Totor j'inclus les papas dans mon billet d'où le terme "parent". :) Mais tu as raison, on n'entend pas assez la voix des papas aussi si tu le souhaites je te propose de t'offrir un billet pour témoigner de ta réalité. Bonne journée !

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    2. Au cas où, mon adresse mail est sous "Qui suis-je?"

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