lundi 15 février 2016

Dessiner, symétrie, améliorer son repérage dans l'espace

symétrie portrait

3 intérêts pour une même proposition

  • Créer, dessiner

Choisir une photo de visage, la copier sur un logiciel photo, la scinder en deux, copier sur word (ou autre logiciel), imprimer et dessiner l'autre partie du visage.
Possible de faire la même chose en coupant une photo de magazine et en la collant sur une feuille.
Nous avons opté pour le grand format car on voit ainsi mieux les détails et parce que nous avions une idée précise en tête.
La photo originale vient du site Enfants d'Afrique (beaucoup de très belles photos à découvrir).

  • Travailler la notion de symétrie



En effet ici on se trouve face à une symétrie. De plus le droit à l'erreur est possible (et même recommandé) puisqu'aucun visage humain n'est parfaitement symétrique. :)

Sur le blog symétrie à partir d'un quadrillage ici.
Egalement symétrie animalière là.

  • Améliorer le repérage dans l'espace

Back to the past... 

Si, collégienne, on m'avait dit que j'essaierais un jour de réaliser une symétrie à partir d'un visage, j'aurais ri jaune ou pleuré.
D'aussi loin que je me souvienne, j'ai toujours adoré les chiffres et même si parfois ils me semblaient glisser sur une ligne, j'ai trouvé des astuces afin qu'ils soient bien alignés et puis j'étais excellente en calcul mental, c'est un gros avantage. Par contre lorsque la géométrie pointait son nez, mon ventre se serrait, tout s'emmêlait. Comment fallait-il tenir ce compas, cette règle et pourquoi les enseignants disaient-ils que c'était facile, moi je collectionnais les "tracés brouillons", "applique-toi", heureusement là encore j'avais d'autres facilités en maths qui me permettaient de compenser et si j'ai commencé ma 4e avec une moyenne mathématique de 4/20 à cause de cette fichue géométrie, j'ai énormément travaillé, demandant des exercices supplémentaires, cherchant encore et encore comment me repérer, comment comprendre ces notions fuyantes, ces théorèmes-tortures et à la fin de ma 4e, j'avais une moyenne de 15/20... et toujours des "applique-toi pour tes tracés"...
Au lycée les mêmes commentaires ont fleuri... A cette époque aucun nom n'était mis sur une difficulté comme la mienne, on croyait que je devais être plus vigilante, sans réaliser à quel point les tracés jugés brouillons étaient pourtant le fruit de mon application...
Pourtant j'ai obtenu le bac A1 et même une bonne note en maths. :)

Et ensuite ?

Ensuite et bien j'ai continué d'être régulièrement qualifiée de maladroite. De plus, je me perds sans cesse. Pour moi, c'est aussi une chance, je découvre beaucoup d'endroits ou situations inattendus, simplement j'ai appris à anticiper, à partir plus tôt ou à être accompagnée de mon copain le GPS qui a changé ma vie !
Certaines situations continuent de me laisser perplexe. Parfois c'est trop dur (par exemple cartes heuristiques classiques qui me compliquent singulièrement la vie et tendent à me faire douter de moi, j'en parle ici). Face à de nombreuses situations, si je suis très motivée, je trouve souvent un moyen détourné pour y arriver différemment, je suis très obstinée quand je veux. :) 
Toutes ces années passées à observer, à accompagner m'ont aussi permis de réaliser qu'une bonne approche pouvait permettre de détourner bien des difficultés, d'éviter certaines souffrances qui ont été les miennes car se perdre dans les jungles des traits, des chemins, des tracés n'est pas toujours évident à vivre, parfois j'ai eu l'impression qu'on cherchait à m'égarer et que je ne retrouverais pas mon chemin. Ce n'est pas pour rien si je souhaite autant me battre pour préserver le bonheur d'apprendre.


Mais où veux-tu en venir ? Quel rapport avec le dessin ?

Au fil de mes cogitations je me suis dit que le meilleur moyen de développer une compétence, de lutter contre une difficulté était de manipuler, de s'amuser et/ou de créer !
Par conséquent, pour mes filles j'ai proposé pas mal de jeux, créations, manipulations avec les Attrimaths (ils sont évoqués dans cet article sur la découverte de la symétrie).
Puis je leur ai proposé de se repérer avec des quadrillages (voir exemple lien dans le 2e intérêt évoqué pour cette proposition d'activité), ensuite j'ai proposé des symétries sans quadrillages mais avec un axe symétrique visible (à tracer si ce n'était pas le cas), puis nous avons mesuré avec nos doigts ou une règle pour repérer les grands repères intérieurs et extérieurs. Les premières symétries ont été réalisés à partir d'objets simples : meubles puis voitures par exemple.
Ensuite nous avons testé avec des animaux, toujours en pliant la feuille pour voir la limite du cadre et afin de le tracer.  Si besoin nous avons plié la feuille, face dessin devant nous, appuyé doucement sur la feuille avec notre crayon de bois afin d'obtenir un nouveau point repère (empreinte sur la page), il suffisait de noter discrètement ce point avec le crayon puis de relier les points qui avaient été nécessaires en tenant compte des courbes si nécessaires (plus difficile d'où l'intérêt de commencer avec des lignes).

Et vous savez quoi : ce qui autrefois était impossible est devenu possible ! Mieux encore ce qui aurait été une souffrance est un bonheur ! Sur mon dessin tous les repères n'ont pas été tracés, pas envie. :) Tant pis si mon visage n'est pas parfait ! :)
Mieux encore, m'adapter à des enfants m'a permis de comprendre que j'avais besoin de plus de repères qu'un autre, besoin de prendre mon temps mais plus je dessine ainsi, moins j'ai besoin de petits points pilotes puisque je parviens tout simplement à mieux me repérer dans cet espace feuille qui m'avait si longtemps déstabilisée !

Amusez-vous bien !


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