jeudi 31 décembre 2015

Les dictées à éviter

dictées à éviter
  Comme je l'écrivais ici, la dictée me semble parfois un outil intéressant, cependant il y a dictée et dictée.

   Tout d'abord ne perdons jamais de vue qu'une dictée peut se révéler une véritable torture pour un enfant (ou un adulte d'ailleurs) et susciter en lui un violent désir d'envoyer une bouteille à la mer !
En effet une dictée sanctionnée par un zéro ne sera de toute façon jamais encourageante, elle ne tiendra jamais compte des progrès déjà réalisés, du passage de 60 à 30 fautes. Mathématiquement les erreurs auront pourtant diminué de moitié !
Une dictée sans intérêt sera également un outil particulièrement pénible...
De même une dictée de deux pages me semble particulièrement stérile... Deux pages à rester assis sur sa chaise en attendant que les mots défilent les uns derrière les autres... Même moi qui aimais les dictées je m'ennuyais lorsqu'elles s'éternisaient car j'imaginais déjà la longue correction qui allait suivre, correction où je n'aurai rien à faire ou presque et où il faudrait attendre que chaque mot soit épluché. L'enfant en difficulté, lui, tremble déjà sur sa feuille, réalisant que dictée longue = plus de fautes... et donc risque multiplié d'un zéro à la clé... 

    Toutefois j'ai écrit ce billet pour citer deux dictées que je juge parfaitement inutiles et de fausses bonnes idées. Les voici donc :

  • La dictée sur le net que le jeune exécute seul.

 Quel intérêt ? Il va écrire certes, mais qui ensuite corrigera ce qu'il a écrit ? Qui lui expliquera pourquoi tel mot s'écrit ainsi et pas autrement ? Si l'on se dispense de toute précision autant copier la page d'un livre, on obtiendra le même résultat déconnecté de toute explication orthographique, mais au moins la page sera peut-être choisie et donc appréciée.
La dictée sera alors une dictée corvée or on ne le répètera jamais assez, c'est en voyant un sens à ce que l'on fait que l'on retient le mieux !
  • La dictée préparée est quant à elle une fausse bonne idée

L'apprenant recopie le texte, il est censé retenir toutes les particularités orthographiques. Il a quelques jours pour cela. Et un beau matin (ou après-midi), la dictée n'attend plus que lui...
Le fort en orthographe n'y verra aucun inconvénient, tout au plus trouvera-t-il cet exercice particulièrement ennuyeux puisqu'il n'avait pas besoin de copier ces lignes pour savoir comment orthographier correctement la (quasi ?) totalité du texte !
L'élève "moyen" obtiendra probablement un résultat moyen tout en s'étant lui aussi ennuyé au passage.
Quant à l'élève en difficulté, il transpirera par avance en se disant que cette fois, c'est certain l'enseignant l'attendra au tournant et lui pardonnera encore moins les erreurs qu'il accumulera car n'en doutez pas, il les accumulera ! Et sur sa feuille les mots sanction apparaîtront : "Travail insatisfaisant!" "Cessez de vous tourner les pouces !" "Inadmissible pour une dictée préparée!"
Ce n'est pourtant pas l'élève qui a échoué, mais l'enseignant qui n'a pas su entendre la difficulté, la souffrance... Un enfant en grande difficulté ne peut pas retenir une longue dictée préparée (car ces dictées là sont généralement plus longues que les autres). Par quel miracle l'enfant dys pourrait-il tout à coup photographier tous les accords, toutes les particularités orthographiques ?

Ce type de dictées pourrait cependant être une bonne idée uniquement si elle est vue comme un outil, comprise par l'enfant et que l'enseignant reste conscient qu'un enfant à profil particulier peinera de toute façon à ne pas commettre d'erreurs. 

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