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Nos enfants ne sont pas des idiots

Toi mal comprendre alors moi utiliser mots simples. 
Toi pas bête mais toi besoin répète mots simples.

Que ressentez-vous à la lecture des mots précédents ?
Un soupçon d'agacement ? L'impression d'être pris pour un idiot ou une idiote? La crainte de l'être ?
Et bien voilà très exactement ce qui se passe avec certains supports ou livres... Certes, je caricature, mais pas tant que cela...

Il y a des années, lorsque j'ai découvert les difficultés dys de mes filles, j'ai réagi comme beaucoup de parents, j'ai cherché de jolis supports adaptés à mes filles. Elles ont ouvert les supports en question, parfois agréablement présentés au demeurant, elles ont ouvert de grands yeux et m'ont regardée, perplexes. Les textes étaient simplifiés à l'extrême, les mots hyper répétitifs. Il parait que c'est ainsi qu'on doit apprendre lorsqu'on est dys... Elles ont hésité : étaient-elles prises pour des imbéciles ou bien étaient-elles bêtes ?
Ni l'un ni l'autre. Avec les meilleures intentions, on se trompe parfois.

Oui, les dys ont besoin qu'on évite les phrases alambiquées. Cela ne signifie pas la simplification à outrance.
Pour ma part, j'ai toujours fait un pari différent et j'ai opté pour un vocabulaire riche. J'ai choisi de m'adresser à l'intelligence de l'enfant, y compris avec les enfants qui ne sont pas à haut potentiel, y compris avec les enfants dys qui souffrent de carences en termes de vocabulaire.
L'enfant a toujours eu les yeux brillants. Il n'est alors pas un idiot, il est un enfant en qui on croit.
Expliquer, ne pas le brusquer, se débrouiller pour qu'il comprenne même lorsqu'il ne sait pas. Chaque enfant aime qu'on croit en lui, chaque enfant a besoin qu'on croit en lui.

La simplification touche également des supports généraux ! On semble croire que les enfants d'aujourd'hui comprennent moins que ceux d'hier, qu'ils ont moins de ressources peut-être. L'impatience se glisse partout. La compréhension est pourtant aussi histoire de patience.

Or, que se passe-t-il lorsqu'on simplifie ainsi ? Le goût de l'effort diminue. Le sentiment d'incompétence, voir d'imbécilité grandit... 

Au contraire, plus votre répertoire s'étoffe, plus vous êtes à même de comprendre des mots inconnus, des idées différentes. C'est la même chose pour un enfant ! Une des raisons qui m'ont fait choisir l'instruction en famille d'ailleurs : à l'école aussi bien les filles que moi-même, nous avions regretté les apprentissages "survols", les dinosaures à raison d'une heure par semaine pendant un mois ou bien même l'oubli des dinosaures (grand regret de ma grande qui est allée à l'école jusqu'en Ce2, n'y a jamais entendu parler de dinosaures et a heureusement pu explorer sa passion à la maison). 

Avec les supports proposés pour Des Ailes pour apprendre, je suis le même pari: ne pas simplifier à l'extrême, croire en l'intelligence de l'enfant. Déjà des parents me remercient. Des professionnels me contactent, me félicitent. J'ai même été invitée pour former de jeunes orthophonistes... Ma visibilité est encore bien petite pourtant. En dehors de l'illustration, je fais tout moi-même. Je n'ai pas de gros budget et je ne suis pas une pro de la com. Je suis juste profondément attachée à l'enfance, désireuse depuis toujours d'une prise en compte réelle de l'enfant.  C'est en cherchant comment améliorer ma visibilité que j'ai découvert, une fois encore, un de ces supports avec pignon sur rue qui présente les meilleures intentions du monde et qui propose des textes pauvres aux enfants... ces enfants qui sont l'avenir de demain... qui vont surtout apprendre à aller au plus simple, à peu réfléchir...
Avec ma société, dans mes supports, j'ai pris un pari : offrir des outils riches et variés. Pour ces enfants qui enfin se sentent intelligents, ceux qui prennent plaisir à apprendre via mes outils, cela en vaut la peine. ☺
Billet publicitaire ? Désormais, quoi que j'écrive, cela pourra être ressenti ainsi et quoi que je fasse, ce sera toujours plus ou moins publicitaire, pas par choix, mais parce que si je parle pédagogie, je parle nécessairement de mon travail. Si vous le souhaitez, retenez seulement une chose : nos enfants sont bien plus intelligents qu'on ne veut leur laisser croire et même celui qui a les plus grandes difficultés peut aller bien plus loin que ce qu'on lui prédit tant qu'on le regarde en tant qu'être capable.

Merci d'avoir lu cet article et à très bientôt !


 
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Commentaires

  1. Oh que je suis d'accord avec cet article !!!!!
    Je m'emballe , mais pardon, bonjour Isa-lise ^_^
    J'ai précisément écrit ces quelques lignes le 15 avril :
    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=235739043643038&id=138380213378922
    Ton billet y répond en grande partie ; merci .
    Bonne soirée.
    Isabelle.

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    Réponses
    1. Je te comprends... J'avais vu ton message, ça résonnait en moi... Il y a 10 ans, j'étais perplexe en découvrant les textes d'une grande pauvreté qui étaient proposés aux dys... Et puis j'ai découvert ce qui était prévu pour la collection "Le club des cinq" et là, lorsqu'hier, j'ai découvert les supports en question, je me suis dit "non ce n'est pas vrai, ils n'ont pas écrit ça!". Et bien si, ils l'ont fait ! Nous en parlions encore tout à l'heure avec mes filles : la violence vient surtout lorsqu'on manque de mots... Quel avenir construisent-ils ceux qui proposent des textes au vocabulaire si pauvre ? ça me fait peur :( pas seulement pour l'incompétence acquise que cela risque d'induire... pas seulement parce qu'on tire l'enfant vers le bas, mais aussi parce que les mots risquent de venir à manquer... La langue française est pourtant tellement riche !
      Bonne soirée !

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  2. Vous avez milles fois raison. Un enfant peut s'intéresser aux choses les plus complexes et il faut s'efforcer de répondre à ses questions de façon simple, mais sans donner dans le "parler bébé". Nous avons toujours, depuis qu'elle est née, parlé "normalement" à notre enfant et cela l'a, je pense, aidé à avoir un vocabulaire étoffé très tôt. Enfin, je dis "très tôt" alors qu'elle n'a commencé à parler "qu'à" --comme disent beaucoup-- l'âge de 3 ans. Mais elle a très vite eu un vocabulaire très étoffé, et le souci du mot juste --peut-être trop parfois, ce que des adultes ont décrit comme "agaçant". Mais, tant pis. A 5 ans, elle adore passer du temps à feuilleter le dictionnaire --quand des adultes insistaient pour qu'elle aille jouer, ce qu'elle fait volontiers à d'autres moments de la journée.
    Merci pour votre blog tellement utile et "qui fait du bien".

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    1. Merci pour votre témoignage :) J'aimais beaucoup moi aussi feuilleter le dictionnaire ;) Bonne soirée !

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