lundi 27 mars 2017

Comment faire pour que l'enfant aide à ranger ?


En réponse à un billet de Gwen qui venait à propos compléter une autre réflexion en lien avec mon accompagnement des dys.
Apprendre à ranger est utile dans la vie de tous les jours.
Apprendre à ranger ensemble, plus encore. En effet, cela développe des compétences pour coopérer. Ranger et classer, c'est aussi apprendre à structurer et donc à structurer ses idées et ses connaissances.

Au sommaire
1- Devant nous un monticule de jouets
2- Entendre le sentiment d'injustice
3- Ranger ensemble
4- L'enfant dyspraxique ou TDA

Comment faire pour que l'enfant aide à ranger? 


Si vous me suivez depuis longtemps, vous savez que je suis une adepte de l'accompagnement bienveillant.
Aujourd'hui, je vous propose donc de découvrir comment j'ai accompagné avec succès mes enfants (mais pas seulement, j'ai également été assistante maternelle dans une de mes autres vies et je suis une tata impliquée) sur le chemin du rangement.

1- Devant nous un monticule de jouets 


Constat : "Et bien, vous avez bien joué aujourd'hui! Par contre, là, je ne peux plus avancer. Comment allons-nous faire?"

Situation 1, un moineau s'exclame "Il faut ranger!"
Situation 2, seules les mouches s'expriment...

Dans la situation 1, si l'enfant ajoute "c'est untel qui a tout dérangé ", on passe à l'étape 2.
Pourtant, lorsque l'habitude est là, personne n 'accuse personne, on passe directement à l'étape 3. ☺

Dans la situation 2, on tente encore "une idée de ce qu'il faut faire ?"
Personne ne répond, ils détournent le regard ou s'exclament "c'est untel qui a tout dérangé ". On passe à l'étape 2.

2- Entendre le sentiment d'injustice


Lorsque l'enfant s'exclame que ce n'est pas lui, il cherche souvent à éviter la corvée de rangement. Ce n'est pourtant pas toujours la première et véritable raison. Généralement, il ressent comme une injustice de devoir ranger, surtout si lui est un enfant ordonné.

A l'exclamation "C'est untel qui a tout dérangé!", je réponds "Ce n'est pas juste si tu n'es pas responsable des jouets partout".  L'enfant est généralement soulagé, il a été entendu dans son sentiment d'injustice. Parfois il ajoute "Mais je n'ai rien dérangé du tout".
Vrai ou pas d'ailleurs. Les mensonges tendent à disparaitre chez l'enfant écouté. ☺
J'ajoute "surtout si tu n'as rien dérangé".
Une fois encore il est entendu, je ne me mouille pas avec le "si" (je garde à l'esprit que sans habitude prise, le mensonge est possible), je l'écoute.

3- Ranger ensemble

Puis je conclus "Malgré tout je te propose que nous rangions ensemble, ça s'appelle l'entraide."
Je ne le répète pas à chaque fois, j'alterne avec "C'est mieux de ranger ensemble". Et, si besoin, je précise: "Il/elle est petit, il a encore besoin d'aide".
Ou bien s'il est plus grand "toi aussi, tu apprécies qu'il t'aide quand c'est ton tour".
Et lorsque l'enfant répond "je n'ai pas envie!", je précise "c'est ton droit, mais une autre fois ni moi ni x n'aurons peut être envie de t'aider".
C'est arrivé une fois ou deux... rarement plus, surtout lorsque je n'ai pas aidé la fois suivante parce que "je n'avais pas envie".
L'exemple, me voir aider, a certainement été plus efficace encore.
Une autre petite astuce aussi... En effet, j'ai souvent raconté des histoires amusantes en rangeant. ☺ Ranger, c'est plus rapide et amusant à plusieurs. Ranger peut même devenir un jeu. ☺

4- L'enfant dyspraxique ou TDA

Si l'enfant est dyspraxique ou TDA, ne perdez pas de vue que c'est plus difficile pour lui. Il sait rarement par où commencer, il se sent débordé par l'ampleur de la tâche. Cette difficulté est particulièrement vraie pour les enfants à profil particulier, cependant d'autres enfants, surtout les plus jeunes, la rencontrent également.
Aussi rassurez-le :
"Nous allons ranger ensemble".

Puis décidez avec l'enfant d'un ordre de rangement, une caisse pour les petits personnages par exemple, une autre pour les légos. Ce sera ainsi plus facile pour lui lorsqu'il cherchera un jouet et vous évitera de vous retourner quelques minutes après le rangement et de constater que tout est à recommencer.
Toujours efficace? Humm... pas si sûre... il a fallu un certain temps avant que mes filles sachent jouer sans tout sortir, j'ai en particulier souvenir d'un tsunami appelé L. ;)

Et n'oubliez pas le tirage au sort pour un exemplaire de "Faire l'école à la maison" jusqu'au 30 mars. 

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2 commentaires:

  1. Bon et pour les adultes qui se sentent exactement comme dans le 4 ?
    Tu as une solution ?

    J'ai du mal à aider ma fille à ranger alors que moi-même, je suis incapable de ranger :(
    Je suis capable de prendre quelque chose et la remettre à sa place (c'est déjà pas mal et c'est généralement ce que je fais). Mais on accumule (beaucoup trop) et zhom, qui range, a tellement de choses à faire que c'est hiroshima (ou fukushima) dans la maison :(

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  2. Bonjour Nairo,
    Oui, j'ai des astuces. Par contre, si tu as énormément de choses à la maison qui sont dans le désordre, c'est compliqué... Idéalement quelqu'un qui sait s'organiser serait un plus pour t'aider à y voir clair.
    La première étape difficile, c'est d'avoir un horizon.
    La seconde, d'opter pour de nouvelles habitudes. Ensuite, ça va mieux. :)

    Donc étape 1: Le désencombrement.
    En clair se débarrasser de l'inutile! Lorsque le cerveau peine à s'orienter, inutile de le surcharger par des choses qui ne servent à rien.

    Conseil 1 : Une pièce après l'autre. Mieux encore un espace après l'autre.
    Jette tout ce qui est périmé, tout ce qui est cassé (y compris ce que vous pourriez peut-être réparer mais qui attend depuis 5 ans...), donne ou vend ce que vous ne portez plus, ce que vous n'utilisez plus.
    Et ça, mine de rien, c'est déjà une étape difficile... Il faut vraiment lutter contre soi-même pour y parvenir lorsqu'on a une tendance conservatrice.

    Conseil 2 : s'autoriser de petits écarts... Si tu es une conservatrice, tu ne peux pas te désencombrer pour tout, donc garde un ou deux objets inutiles, abimés, tant pis. :)

    Conseil 3 : plus facile avec un peu de soutien, mais surtout pas de "videur à grande vitesse". Généralement quand on accumule, on a besoin de temps pour dire en revoir aux objets, certains les photographient pour garder un souvenir.

    Conseil 4 qui découle du 3 : prends ton temps. Se minuter peut aussi être un plus. C'est plus facile de gérer pour un petit espace et pour un petit temps au début. 30 minutes à une heure puis une pause. Soit temps par jour, soit pause avant de reprendre. Moins envahissant et donc plus facile à gérer en termes de fatigue psychologique.

    Bon courage !

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