vendredi 20 mai 2016

Eugène Trivizas, Le dernier chat noir

Le denier chat noir
Résumé proposé sur Babelio :
"Le Dernier Chat noir D'abord on n'y a pas prêté attention. Des chats disparaissaient. Curieusement, seulement des chats noirs ! Une sinistre organisation a juré notre perte. Les buts ratés, les rages de dents, le chômage ou la crise : on a bon dos, on nous accuse de tous les maux ! Mais ça ne va se passer comme ça, ils vont trouver à qui parler..."

Commentaires après lecture :


 "Je vous dis tout cela
Car ici dans notre île,
Comme ailleurs ausi,
Les chats oublient,
Les hommes oublient
Et la folie
Ne demande guère
Qu'à s'embraser à nouveau
Et tout recommence..."


   La quatrième de couverture laissait présager un ouvrage visant à dénoncer l'arbitraire, certainement des massacres commis en désignant des boucs émissaires, boucs émissaires choisis en fonction de la couleur de leur pelage. Ce n'est pourtant pas tant le racisme que les horreurs infligées à des minorités lors de la seconde guerre mondiale (juifs bien sûr, tziganes, personnes handicapées...) qu'évoque ce roman.
Sous forme de conte animalier, dans le même esprit que Georges Orwell, ce texte nous montre comment petit à petit une partie de la population est visée avant de concerner tous les chats de l'île. A la fin de l'ouvrage, nous apprenons pourquoi ils ont été choisis. Mais entre temps, chaque fil se lie au précédent : la peur ; la superstition tout d'abord, ponctuelle puis encouragée ; une justification à l'atrocité pseudo rationalisée ; la propagande ; le matraquage; les sanctions et les sévices infligés aux victimes désignées, mais également à ceux qui oseraient remettre en question une décision devenue gouvernementale. Là encore, il est intéressant de découvrir les raisons pour laquelle celui-ci choisit d'encourager cette campagne innommable.
Beaucoup de qualités pour cet ouvrage : l'écriture, le rythme, un peu d'humour glissé ici et là, une histoire restant crédible, la satire bien sûr.

Il est conseillé à partir de 10 ans. Il est certain qu'il vaut mieux être un bon lecteur avant d'aborder celui-ci. Cependant je pense qu'il vaut mieux avertir les jeunes un peu sensibles : au fur et à mesure où l'action avance, où le chat finit par se retrouver seul, quelques scènes peuvent perturber les jeunes particulièrement sensibles et attachés aux chats. Je pense par exemple au moment où les mamies tricotent, aperçoivent un chat noir et "une maille à l'endroit, une maille à l'envers" enfonce une aiguille dans le coeur du chat qui courait se réfugier dans les bras de sa petite maîtresse dont il avait été brutalement séparé quelques mois plus tôt.
Ce petit avertissement étant donné, cette lecture utile connait également une fin heureuse.

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