mardi 5 avril 2016

Constance de Salm, 24 heures d'une femme sensible


Présentation :
"Véritable petit bijou, ce roman épistolaire publiée en 1824 se présente comme une variation sur la jalousie et ses affres. Confrontée à l'image obsédante de son amant disparaissant dans la calèche d'une autre beauté au sortir de l'opéra, notre héroïne tente de comprendre et de calmer les milles émotions qui l'assaillent. Au cours d'une nuit d'insomnie et d'une journée perdue à guetter un signe de celui qui -semble-t-il vient de la trahir, elle ne trouve d'autre consolation que de lui écrire. Quarante-quatre lettres pour dire vingt-quatre heures de fièvres, de doutes et de désespoir.
Cet unique roman de roman Constance de Salm bouleversera tous les amoureux de Stefan Zweig et de Marcelle Sauvageot. Poétesse et dramaturge, celle que l'on surnommait " la muse de la Raison " défendit ardemment la cause féminine et tint un brillant salon littéraire, ou se côtoyèrent Alexandre Dumas fils, Paul Louis Courier, Stendhal et Houdon."

Citations :


"n'as-tu jamais éprouvé que le dernier mot que l'on se dit en se quittant laisse dans l'âme une impression qui dure jusqu'à ce que l'on se revoie ?"
" Vous avez remarqué cette femme ; et moi... je ne voyais que vous !"
"Il vient... il vient ! mais lentement ! plus lentement que de coutume !"
"Je suis de sang-froid : j'ai le sang-froid du désespoir."
"j'ai osé lire toutes vos lettres : il n'est pas un seul de vos papiers qui ait échappé à mes avides regards."


Pourquoi je l'ai apprécié :
"Petit bijou", quel autre terme choisir pour ce court roman épistolaire ? Ciselé, sensible, acéré parfois au scalpel de la jalousie, furieusement dépassé et pourtant quel plaisir de le découvrir !
Se pâmer d'amour, s'évanouir pour une inquiétude, une contrariété, serait-ce encore possible aujourd'hui ? N'oublions cependant pas que la respiration était alors entravée par un corset.
Des mots, une avalanche de mots soigneusement choisis, des mots d'amour, des mots pour douter, espérer, se consoler, justifier, des subjonctifs oubliés qui confèrent à ce roman l'impression d'être projeté(e) dans un temps perdu. Ah ! Les hommes à genoux pour déclarer leur passion, comme si celle-ci les terrassait, comme si l'amour devenait maître de leur coeur ! Les yeux se cherchent, la passion est chuchotée d'une âme à l'autre... La midinette en moi a souri.

L'héroïne a vu partir l'homme aimé dans la calèche d'une autre ! Pourquoi ? Pourquoi n'écrit-il pas alors qu'ils échangent chaque jour ? Heure après heure, les tourments du doute et de la jalousie sont soigneusement décrits : réactions émotionnelles et physiques, espoirs, désespoirs allant jusqu'au désir de mourir (aujourd'hui sans doute moins fréquent, mais un premier amour peut déclencher une telle passion et nous rappeler les émotions ressenties alors), volonté de comprendre, de s'endurcir jusqu'au moment final où la vérité éclate ! Prévisible certes, mais entraînés par l'avalanche de sentiments amoureux, nous en sortons furieusement romantiques.

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