mardi 8 mars 2016

Bulbul Sharma, La colère des aubergines



Présentation

"Qui meurt dîne, La Colère des aubergines, Folie de champignons, Festin pour un homme mort... : quelques titres de ces récits donnent un avant--goût de leur saveur. Les histoires racontées, pleines d'odeurs de cuisine, puissamment évocatrices des rapports et des conflits entre les membres d'une maisonnée indienne, soulignent bien sûr le rôle déterminant qu'y jouent la nourriture et celles qui la préparent. Des femmes croquées sur le vif y livrent des instants de bonheur, des secrets de famille, d'amour, d'enfance qui ont parfois la violence du désir ou l'amertume de la jalousie. Mais les véritables héroïnes sont ces recettes : qu'il s'agisse de confectionner un pickle de mangue, un gâteau de carottes ou un curry d'aubergines au yaourt, le lecteur goûtera, du palais et de la langue, l'alchimie des aromates indiens."

Pourquoi je l'ai apprécié :


 "La colère des aubergines", quelle colère ? S'agissait-il d'aliments entrant en rébellion ? De plats en principe savoureux mais au goût exécrable ? D'aubergines débordant de la marmite ? Ou bien d'une révolte domestique? Mon regard fut ensuite attiré par le sous-titre "récits gastronomiques". Récits gastronomiques ? Les recettes, des repas étaient donc au centre de ce recueil qui se proposait en réalité de nous inviter à un voyage culinaire et asiatique. Etrange et intéressante idée !

Bilan : un agréable voyage au pays des épices qui s'échappent page après page et envahissent notre sens olfactif ! A la fin de celui-ci, il est également possible de le poursuivre en savourant les recettes offertes à la fin de chaque chapitre ! Il me reste à étudier celles-ci afin de peut-être en tenter une...
Quant aux personnages, ils sont soigneusement brossés, furieusement traditionnels et prisonniers du rôle qu'ils se sont assignés. Ainsi, j'ai bondi en regardant Bala préférer son rôle d'esclave familial ignoré de tous au lieu d'autoriser un homme à l'aimer... Eté touchée par l'amour filial et l'amour marital de Vinod qui pour ne blesser ni l'une ni l'autre avalait consciencieusement chacun des aliments détestables préparés par les deux femmes de sa vie.
Dans ces nouvelles, sont omniprésents l'amour, le respect, mais également une furieuse volonté de contrôler l'autre ou son corps ("son pesant de sucre"), de s'assurer qu'il ne va pas fuir... pour s'apercevoir que cela peut malgré tout se produire... Nécessairement la culture présentée ici est très différente d'une vie moderne et française (y compris monogame),  mais elle nous rappelle aussi quel rôle central peut jouer l'alimentation.

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