mardi 23 février 2016

Kressmann Taylor, Ainsi mentent les hommes

ainsi mentent les hommes

Présentation :
"Quand la douleur ou le désarroi sont trop forts, quand les émotions nous bousculent, le bruit, l’odeur, le simple mouvement d’un arbre ou d’une source peuvent nous apaiser. Omniprésente dans ces nouvelles inédites de Kressmann Taylor, la nature est la grande consolatrice.Confrontés à un père tyrannique, à un professeur frustré, à des adultes mensongers, les jeunes adolescents mis en scène avec subtilité par l’auteur ne retrouvent leur équilibre profond que dans cette immersion hors des hommes. Humiliation, remords, mélancolie, solitude scandent ces quatre histoires toutes banales, toutes simples, faussement simples bien sûr car elles cristallisent admirablement nos ambiguïtés et nos tensions."

Pourquoi je l'ai apprécié


Quel plaisir de découvrir justesse des termes, images évocatrices et émotions communiquées !
A la fois intriguée, attirée et répugnée par certains passages, chaque nouvelle a su m'entraîner avec elle. Chacune d'entre elles met en évidence l'ambivalence humaine. Chacune d'entre elles s'ancre dans la nature souvent présentée comme étant une bouffée d'air pour qui en manque.

Dans la première, "Humiliation", un père autoritaire domine la maison, ignorant trop souvent son fils jugé comme une "femmelette" trop bruyante. Pour plaire à son père, celui-ci mentira, blessant cruellement sa mère... Mensonge ou comment essayer de gagner l'amour qui nous fait défaut au risque de ne pas se reconnaître dans ce nouveau visage ? Au risque de s'y perdre...
Dans le second, "Remords", le mensonge d'un adolescent terrorisé par un enseignant pervers provoquera une double tragédie : tragédie humaine mais également tragédie animale- acte réaction contre cette nature qui savait si bien l'apaiser et mêlera le sang de la nature si tendre (et maternelle) et le sang de l'humanité. On ne peut s'empêcher de penser au battement de l'aile du papillon (ici, une araignée) qui provoquerait une série de catastrophes...
Le troisième "Mélancolie" nous présente une jeune fille terriblement seule, désespérément à la recherche d'une place, d'un contact humain. Un mensonge introduira un homme dans sa maison, un mensonge qui la troublera, la confrontera à ses propres contradictions, mais risquera aussi de l'entraîner beaucoup trop loin...
Enfin, le quatrième est sans doute celui qui m'a le plus troublée, touchée. Tous ont trouvé en moi un écho émotionnel et éveillé une réflexion sur l'humanité. Mais celui-ci montre un amour unique, merveilleux. Cependant cet amour sacrifie le talent et la vie d'une femme pour un homme romantique (au sens de l'image d'Epinal). Les dernières pages m'ont laissée avec une impression terrible de gâchis et en même temps la chanson de cet amour extraordinaire. Un sort tragique, une vie étrange et pourtant le bonheur en était-il absent ?

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