mardi 5 janvier 2016

Utopie : un monde plus équitable ?

utopia Thomas More

 Extrait de L'utopie de Thomas More :

"En Utopie, l'avarice est impossible, puisque l'argent n'y est d'aucun usage ; et partant, quelle abondante source de chagrin n'a-t-elle tarie ? quelle large moisson de crimes arrachés jusqu'à la racine ? Qui ne sait, en effet, que les fraudes, les vols, les rapines, les rixes, les tumultes, les querelles, les séditions, les meurtres, les trahisons, les empoisonnements ; qui ne sait, dis-je, que tous ces crimes dont la société se venge par des supplices permanents, sans pouvoir les prévenir, seraient anéantis le jour où l'argent aurait disparu ? Alors disparaîtraient la crainte, l'inquiétude, les soins, les fatigues et les veilles. La pauvreté même, qui seule paraît avoir besoin d'argent, la pauvreté diminuerait à l'instant si la monnaie était complètement abolie". 
(extrait de L'utopie de Thomas More)


Commentaire :




   500 ans plus tard, ces paroles restent d'actualité... 500 ans plus tard, l'intérêt, la voracité pour l'argent cause bien des troubles, bien des souffrances... Désir d'argent, de pouvoir, de territoire... L'utopie de Thomas More semble proposer une alternative tout à fait intéressante. Pourtant, pour avoir lu l'ouvrage, je ne peux adhérer totalement à cet univers parallèle où les enfants peuvent être arrachés à leur famille au motif de maintenir un "équilibre d'enfants" ou d'habitants. Je n'entrerai cependant pas dans le détail de ce qui n'a pas convenu afin de simplement évoquer cette bonne idée : se passer d'argent afin de vivre dans un monde plus équitable.

" - Que faisiez-vous l'été dernier ?
- Je chantais sans penser au pèze. - Vous chantiez gratos, pauvre niaise
Eh bien guinchez maintenant !
Moralité :

Si tu veux vivre de chansons Avec moins de bas que de hauts N'oublie jamais cette leçon :
Il vaut mieux être imprésario !"
 (extrait de La Cigale et La Fourmi de Pierre Perret)

En effet, pourquoi décide-t-on qu'un directeur d'entreprise aura une vie plus facile qu'une femme de ménage ? L'un travaille-t-il moins durement que l'autre ? Pourquoi une maman ou un papa qui choisit de se consacrer à sa famille n'a-t-il pas de réelle reconnaissance ? N'est-ce pas simplement parce qu'il ou elle n'a aucun salaire ? Pourtant lorsque les enfants sont à la maison, lorsqu'ils ont besoin d'attentions quasi constantes, son rôle n'est-il pas important ? Lorsqu'un artiste trime sur sa chanson, son livre, son tableau, n'a-t-il aucune fonction ? Ne permet-il pas de dénoncer, s'évader, développer notre imaginaire, exprimer des ressentis ? Certes certains en vivent, mais ce n'est pas le cas de tous. Pourquoi un conteur (quel que soit le moyen de conter) aurait-il moins de valeur ? Et ces personnes vers qui on se tourne, ces personnes qui toujours tendent l'oreille, qu'elles nous connaissent peu ou bien ? N'ont-elles aucun rôle ? J'aime à imaginer un monde où chacun trouverait sa place en fonction de ses compétences et non en fonction d'un métier, d'un salaire... N'y aurait-il pas de nouveaux métiers à imaginer ? Ou bien la notion même de métier ne viendrait-elle pas à disparaître ? Ne pourrait-on tour à tour être nourrice, conteuse, écouteuse, cuisinière, chef d'entreprise, découvreuse ? Un monde où chacun de nous aurait simplement son rôle à jouer...
Tout le monde jouerait-il le jeu ? Peut-être pas... Ou peut-être que si... Peut-être qu'il suffirait d'imaginer un monde un peu comme celui des "SEL" (lien) où un échange en vaut un autre sans aucune notion de supériorité.

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