mercredi 13 janvier 2016

L'inefficacité du redoublement

inefficacité du redoublement

  Le redoublement existe dans quasiment tous les pays, il n'est cependant pas aussi répandu dans tous. Ainsi la France fait figure de mauvaise élève puisque plus de 36 % des élèves de 15 ans ont redoublé alors qu'en Islande seuls 0,9 % sont concernés ! (pour comparer les différents taux de redoublement en Europe, vous pouvez lire ce document).
Extraits : "C'est une culture du redoublement scolaire répandue qui expliquerait que sa pratique est plus fréquente dans certains pays. Dans ces pays, la conception selon laquelle redoubler une année est bénéfique à l'apprentissage de l'élève reste forte". [...]
"Cette décision est, en général, davantage basée sur l'appréciation de l'enseignant que sur des échelles de progression standardisée d'apprentissage".

   On peut donc légitiment s'interroger : le redoublement est-il justifié ? adapté ? 

A titre personnel, deux de mes proches ont vécu un redoublement, ils ont tous les deux ensuite été en décrochage scolaire et ont arrêté l'école à 16 et 17 ans sans diplôme ni qualification.
A titre personnel encore, étant donné son profil hétérogène, ma fille aînée aurait très certainement été menacée de redoublement à l'école, elle a obtenu le bac avec une année d'avance. L'instruction en famille permet de s'affranchir de pseudo-normes, de progresser à son rythme en prenant le temps là où l'enfant a besoin de prendre son temps.
A titre professionnel, j'ai accompagné plusieurs enfants menacés de redoublement pour qui les parents ont réussi à obtenir un passage en classe supérieure et ils ont fini par entrer dans la moyenne ou même dans le peloton de tête, certes avec des cours particuliers, mais un redoublement été visiblement injustifié.

   Enfin, sans surprise, si on se réfère aux études effectuées

Les redoublements sont largement inutiles




Extrait d'un rapport sur l'académie de Caen (lien), lui-même extrait du rapport réalisé par le Haut Conseil de l'Education.
"Parmi deux élèves qui avaient le même faible niveau en fin de CP et qui ont, l’un redoublé, l’autre suivi un CE1, celui qui est passé obtient de meilleures performances en fin de CE1 que l’autre en fin de CP, à la même date.
Celui qui a redoublé obtient des performances identiques au précédent à la fin de son CE1, un an plus tard. On peut donc en déduire qu’il a perdu un an."
Page 16 du rapport rédigé par Jean-Jacques Paul et Thierry Troncin, on peut également lire :
" les redoublants progressent significativement moins que les élèves faibles promus"
"nous constatons un écart croissant au fil des années au désavantage des élèves redoublants" (p18)
Pour un redoublement au niveau du collège :
"une partie importante des élèves qui ont redoublé aurait pu sans encombre rejoindre la classe de troisième et gagner ainsi un an de scolarité".

Ils sont coûteux 

 2,24 milliards d'euros/an en plus selon le Haut Conseil de l'Education ! (p 36 du rapport à lire ici).


Pire ils sabordent la confiance de l'enfant en lui-même

" Un élève qui redouble se sent moins bien à l’école et a une moins bonne image de lui que les autres."
."Le redoublement est stigmatisant"
" Les redoublants, quel que soit leur âge, ont une image d'eux-mêmes systématiquement plus négative que leurs pairs n'ayant pas vécu cette situation".   
"Le redoublement contribue à augmenter les risques de décrochage scolaire".

Quant on regarde ce tableau p23 du même document, on constate d'autre part que plus le redoublement a été précoce, moins le jeune sera diplômé...

Alors jusqu'à quand la France continuera-t-elle d'être à la traîne? Et quand réalisera-t-on qu'un redoublement est inefficace, pire qu'un redoublement est néfaste?

Une fois encore, laissons les enfants grandir à leur rythme, ayons confiance en eux! 

Avec Mémoire d'éléphant- Mémoriser avec un trouble dys, un TDA ou pas, découvrez comment bien mémoriser 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire