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Maman épuisée, Parent à bout de forces : Du cri à la (sur)vie

Montagnes russes du confinement, du déconfinement, de l'école confinée, de l'école déconfinée, de l'instruction en famille, bien des raisons ont conduit de nombreux parents, plus particulièrement de mamans, à l'épuisement.

Du cri...

Depuis quelques années, un courant gagne en force : celui dénonçant les violences ordinaires. Depuis des années, j'ai un avis mitigé sur ce courant. D'une part, j'applaudis : il me semble important de prêter attention à toutes ces violences ordinaires qui nous échappent souvent malgré tout. D'autre part, je regrette que, trop souvent, on mette sur le même plan violences ordinaires et violences "extraordinaires", ces violences qui font qu'un enfant est maltraité. Ne nions pas la souffrance d'un enfant maltraité en associant les deux et ne culpabilisons pas outre mesure le parent à qui la situation échappe sans pour autant devenir un bourreau comme le sont les parents maltraitants.

Pour ce message, j'ai titré "Du cri à la survie".
Lorsqu'un animal veut avertir d'un danger, il grogne, il crie.
Lorsqu'un chien prévient qu'il sent sa zone de sécurité menacée, il grogne.
Le cri n'est pas une agression, le cri est un appel à l'aide, un signal de limites atteintes.
C'est pourquoi le petit enfant crie lorsque ça ne va pas, pourquoi nous crions lorsque nous avons atteint nos limites. 
Depuis quelques temps, on nous met en garde sur les conséquences du cri sur l'enfant. C'est un fait : le cri perturbe, dérange, il stresse. Il suffit de nous observer face aux cris de notre enfant : nous avons envie de fuir soit en partant ailleurs, soit en criant, un moyen de fuir les cris. En fonction de notre histoire, notre tempérament, notre connaissance d'une éducation "autrement", nous parvenons plus ou moins à résister. Mais, à l'intérieur de nous, il y a toujours une part de nous qui crie l'inconfort ressenti.
Le cri empêche pourtant de bien se comprendre. Puisqu'il insécurise, puisqu'il agresse nos oreilles, une bonne partie des mots s'échappent.
De plus, il y a cris et cris : les cris-réactions qu'on apprend à contrôler avec le temps et le repos suffisant et les cris-insultes ou cris-rabaissements qui sont à proscrire. Si, à bout de forces, un mot malheureux s'échappe, demandons pardon, l'enfant en a besoin.
C'est pourquoi il est important de communiquer autrement.

... à la survie

Actuellement, pour Le Monde de Mei et Noé (ici), nous terminons des kits "Deviens un Robinson". Pour ces kits, comme pour les autres, nous recherchons des documents réalisés par des spécialistes. Or, il y est question de survie, survie en milieu extrême bien sûr. Cependant, je vous propose de partager une partie de nos découvertes car certains conseils me semblent intéressants pour le parent à bout de force.

Ainsi la Survie, c'est :
S : Situation, environnement, matériel à disposition
U : Utilisation de nos propres ressources
R : Repérage de ce qui peut être des atouts
V : Volonté de vivre
I : Improvisation, capacité à improviser
E : Enseignement, capacité à apprendre de notre environnement et de nos propres erreurs

Pour mettre en pratique ce principe, je vous propose d'utiliser une grande feuille A 4, ou mieux A5 et de tracer 6 colonnes à compléter selon les mots précédents. 

Situation : Quelle est votre situation ? Quelles sont les difficultés de votre environnement ? De quelles ressources disposez-vous ? Quelles sont les ressources extérieures envisageables ? Lieu-bulle pour vous ressourcer ? Personne relai ?
Pour un parent sans école, pouvez-vous modifier votre approche ? Qu'est-ce qui est indispensable ? Est-il envisageable pour vous de suivre un même thème pour tout le monde car ceci vous permettra de ne plus partir dans plusieurs directions donc de moins vous épuiser (c'est pourquoi j'ai basé le principe du Monde de Mei et Noé sur un même thème de 3 à 12 ans, ma vie s'est révélée plus simple lorsque mes filles ont appris sur un même thème).

Utilisation de vos ressources : Quelles sont vos ressources ? Comment pourriez-vous mieux gérer la situation ? Dans quel état de fatigue êtes-vous ? Comment lutter contre cette fatigue ? Quelles alternatives sont envisageables pour développer vos ressources ?

Repérage des atouts : Quels sont vos atouts ? Vos points forts ? Vos qualités pour affronter la situation? Quels sont les atouts des personnes relais ? Quels sont les atouts de vos enfants pour gérer cette situation ?
Pour les parents d'enfants à profil particulier, y a-t-il des personnes ressources qui peuvent vous aider? Des éventualités pas encore envisagées (art thérapie, etc.)? 

Volonté de vivre : Avez-vous parfois des idées noires ? A quel moment ? Qu'est-ce qui vous aide à reprendre pied ? Quels sont les moments bonheurs qui vous ressourcent ? Les souvenirs qui vous ressourcent ?
Affichez sur votre mur quelques souvenirs clés que vous puissiez voir dans les moments difficiles. Cultivez de nouveaux moments bonheur.
Si besoin, optez pour un complément phytothérapeutique ou des fleurs de Bach (prenez un avis médical si vous êtes enceinte).

Improvisation : Ne restez pas figé(e) dans des sentiers battus. Explorez d'autres possibilités. Ne cherchez pas à vous comparer à d'autres familles. Vous êtes unique. Votre famille est unique. Bien sûr l'inspiration peut venir des autres, mais n'hésitez pas à imaginer votre propre vie. Ayez confiance en votre instinct. Nous sommes des mammifères, l'instinct est nécessaire pour survivre, chacun de nous en dispose donc, il s'agit simplement de se réconcilier avec lui.

Enseignement : Il est impossible de progresser sans apprendre de ses erreurs. Reproduire une même situation à l'identique, c'est très certainement aller à l'échec. Pour réussir, il faut changer quelque chose, parfois un détail, mais c'est lui qui fera toute la différence. Posez les choses à plat : qu'est-ce qui a pu ne pas aller ? Tentez à nouveau en fonction de ce qui vous semble avoir fait défaut.

Enfin, vous pouvez utiliser le modèle du professeur André François Bourbon pour prendre votre décision : le modèle SERA.
Secours : quel secours m'apporte la solution envisagée ?
Energie : quelle énergie nécessite-t-elle ? L'idée étant toujours de minimiser l'énergie à dépenser ou, tout au moins, d'avoir le meilleur rapport énergie/bénéfices
Risques : quels sont les risques de cette situation ?
Atouts : quels sont les atouts de cette situation ?

Et n'oubliez pas : être un parent formidable, ce n'est pas être un parent parfait, c'est faire de son mieux.

Vous cherchez des outils pour une pédagogie alternative, positive et innovante?

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