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Etre mère d'une fille

Aujourd'hui, c'est la journée des droits de la femme. 
Pourquoi une journée ? Pourquoi cette nécessité ? Les femmes n'ont-elles pas désormais les mêmes droits que les hommes en France ? 

Les médias communiquent suffisamment sur les inégalités pour que nous sachions que ce n'est pas totalement vrai. Ainsi à compétences égales, une femme est généralement moins bien payée qu'un homme. 

Ce n'est cependant pas sur ce point que je vais échanger avec vous.
Je suis femme, cela ne vous a pas échappé. ;)
Je suis également mère de deux filles. 

Dernièrement, j'ai lu un article de Manon, ancienne unschooleuse (témoignage ici, sur le blog sans école). Manon explique (clic là )combien son éducation, les choix d'instruction de ses parents l'ont amenée à porter un regard différent sur son statut de femme. 

Une fille "fille"

Enfant, j'ai dormi dans une chambre rose. J'étais la fille, à moi le ménage, la cuisine et l'attention portée à mes plus jeunes frères. Ma mère m'achetait des robes, ça tombait bien je détestais les pantalons. Mes longs cheveux blonds flottaient au vent ou étaient noués en couettes. J'étais sage, bonne élève, un véritable cliché de petite fille. 
Pourtant, j'aspirais souvent à autre chose. J'aimais bricoler par exemple. La première fois que j'ai débouché l'évier de la salle de bain, ma mère m'a dit que ce n'était pas à moi de le faire, puis elle m'a laissée. De toute façon, je ne demandais rien, j'agissais. ;) Amblyope, probablement dyspraxique, l'utilisation du marteau n'était pas simple et on me répétait que "ce n'était pas pour les filles". 

Les droits d'une femme commencent là.
Par la fin des stéréotypes, des "tu ne peux pas", "tu es trop fragile", "fais attention aux autres" (et pas forcément à toi), "ce n'est pas pour les filles", etc.

Une fille "libre"

Devenue mère, j'avais de grandes théories. 
Il me semblait qu'il m'appartenait de ne pas véhiculer ces stéréotypes, qu'il m'appartenait de laisser mes filles devenir celles qu'elles désiraient. 
La chambre de ma première fille fut bleue, la seconde eut une chambre jaune.
J'achetais pantalons et robes et très vite, chacune choisit les vêtements qui lui convenaient.
Côté jeux, l'une préféra les kits bricolages et petites voitures, elle s'intéressa peu aux poupées.
Au fil de leur croissance, je remarquais pourtant que les commerces tendaient vers un clivage "jouets filles", "jouets garçons", clivage qui suscitait l'indignation de mes électrons libres "et de quel droit ils décident de ce qu'on aime, d'abord!".

Je m'échappais des stéréotypes, du moins je le croyais.
Autour de nous, les stéréotypes sont partout ! 
Dans l'entourage bien sûr qui n'a pas encore suivi le même chemin ou bien qui est seulement au début de celui-ci.
Dans les commerces bien sûr et plus encore dans les rayons jeux...
Dans certains livres, plus encore lorsqu'ils prétendent être "pour les filles" ou "pour les garçons".
Dans les films.
Pourtant les mentalités changent, les histoires dans les films et livres également ! Ainsi, on voit de plus en plus apparaitre des filles dynamiques, qui prennent des initiatives ou décident. Pendant ce temps, les garçons prennent la place des filles autrefois : un peu timides, maladroits et au second plan.

Ayant grandi librement, mes filles s'en sont également indignées. 
Pourquoi toujours des images caricaturales ? 
Avaient-elles le droit d'être simplement elles ? En jupe et cheveux au vent ou bien, équipées d'un  pantalon et prêtes à escalader, sans penser un instant au fait d'être une fille ou un garçon.

A l'adolescence, le corps se transforme. Qu'on le veuille ou non, nous sommes physiquement différents. Certaines filles le vivent plus que d'autres puisque leur corps leur rappelle leur féminité.

Mes filles se sentent filles, se sentent femmes. Il me semble qu'elles sont heureuses d'être femmes.
La différence est qu'elles ne se demandent pas si c'est pour une femme ou un homme, cela les intéresse ou non.

Sont-elles aussi libres dans leur humanité que je l'espérais ? Je crains que la réponse soit négative.
La pression société-entourage, mon propre vécu de petite-fille les ont encouragées à faire passer les besoins des autres avant les leurs.
Mais le changement est en marche et j'ose croire que la prochaine génération, celle de leurs filles osera ne pas toujours s'écarter face à un homme sur le trottoir, qu'elle saura affirmer ses besoins, sans céder à la culpabilisation implicite qui laisse penser qu'une femme est née pour "prendre soin".

Merci d'avoir lu cet article et à très bientôt !

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