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L'éducation sexuelle précoce est-elle indispensable ?

"Un bisou, un bisou, c'est si doux !" 

Oui, un bisou, c'est tout doux. Un bisou partagé, c'est un moyen de dire "je t'aime".
Est-ce le cas d'un bisou imposé ?
Et pourtant, l'enfant est souvent obligé d'embrasser d'illustres inconnus, obligé d'embrasser des adultes qu'il n'aime pas, parfois des personnes qui l'effraient.

Controverse sur l'éducation à la sexualité

En ce moment une controverse agite la toile. Entre informations avérées et hoax, pas évident de démêler le faux du vrai.
Etant donné que le sujet est polémique, les commentaires sont désactivés pour ce billet. Merci par avance de votre compréhension.

Tout d'abord, l'éducation à la sexualité n'est pas une nouveauté. Déjà, en 2003, alors que mes enfants étaient scolarisés, j'avais découvert cette circulaire expliquant que trois cours d'éducation à la sexualité étaient recommandés chaque année en primaire ! A l'époque, j'avais bondi au plafond. De quel droit l'éducation nationale décidait-elle du moment d'aborder la sexualité avec mes enfants ? Sans se soucier de savoir si elles étaient prêtes ou non ? Dans quelles conditions ? Quelle forme cela prendrait-il ?
Au final, durant leurs années d'école (maximum CE2), ni l'une ni l'autre n'a eu à subir cette éducation précoce.
La polémique revient puisqu'un rappel à l'ordre a été lancé. Il faudrait informer. Et là encore les questions reviennent : sous quelle forme ? avec quelle formation ?
Expliquer la sexualité est loin d'être facile.

Jouer son rôle de parent

J'ai deux enfants, je suis donc passée par là deux fois.
A chaque âge ses questions. A chaque âge ses explications.
Deux filles, deux façons différentes de s'interroger, des besoins différents pour chacune.
S'il existe un domaine dans lequel une éducation de masse me semble impossible, c'est bien celui-ci !

Une approche faussée, un regard d'adulte

Pour justifier cette éducation précoce, on pense prévenir ainsi des risques.
Permettez-moi d'émettre quelques doutes. Savoir comment faire un bébé n'explique pas à un enfant que son corps lui appartient et c'est de cela que l'enfant a REELLEMENT besoin.
Il a besoin de savoir et qu'on entende son refus d'embrasser.
Il a besoin qu'on entende son refus de suivre un inconnu.
Il a besoin d'être prévenu lorsqu'un inconnu sera seul avec lui et qu'aucun choix n'est possible.
Il a besoin de savoir qu'on ne suit pas un inconnu ou un voisin sous prétexte qu'il a de jolis chatons à montrer, jamais on ne part sans prévenir son parent.
Il a besoin de connaître certains numéros d'urgence : SOS enfants maltraités, L'enfant bleu, le numéro des pompiers, celui de la police.
Il a besoin qu'on comprenne qu'un parent dangereux ne sera jamais un parent positif et que certains liens inexistants ne peuvent être maintenus. Les enfants maltraités ne sont pas assez protégés.
Il a besoin d'être en sécurité à l'école.
Il a besoin de savoir que des adultes seront là pour lui.

Pourquoi lui dire qu'à 4 ans, c'est normal qu'il touche ses parties intimes ?
A 4 ans, un enfant ne pense pas sexualité, il pense exploration. Il explore ses doigts, sa bouche, ses pieds, ses jambes, son ventre, ses cheveux et donc ses parties intimes. Si on lui dit tout à coup, "c'est normal de toucher ton zizi", il peut se demander pourquoi. On ne lui dit pas "c'est normal de toucher tes pieds".
L'adulte avec son regard d'adulte interprète tout comme un adulte.
Stop.
Un enfant est un enfant.
Il ne voit pas l'adulte toucher ses parties intimes. Etant donné qu'il fonctionne par mimétisme essentiellement, il arrête de se toucher devant tout le monde et d'ailleurs, durant quelques années, il va cesser de toucher ses parties intimes.
La phase "exploration" dure un temps, un temps seulement.

Pour ma part, je suis pour la réponse aux questions, une réponse adaptée à l'enfant et sa sensibilité.
Mais en primaire, l'important est d'apprendre à se protéger.
Laissons donc aux parents le droit de s'adapter en fonction de leurs enfants et leurs convictions.
Donnons aux enfants le temps de grandir à leur rythme.

Apprenons aux adultes à respecter les enfants.
A entendre "non je ne veux pas que tu m'embrasses".

Merci d'avoir lu cet article et à très bientôt !



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