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Nouvelle génération : des Bases à construire, un Savoir fragile, une Réflexion utile

Un sourire mutin, deux mains autour de notre cou, le tout petit nous ravit.
Jour après jour, il grandit.

Des bases à construire

Un projet de loi vise à rendre obligatoire l'instruction à partir de 3 ans (soit 2 ans 8 mois pour certains) en 2019. L'enfant pourra continuer d'apprendre à la maison, à condition de déclarer l'instruction, à condition de subir un contrôle pédagogique aléatoire (attentes plus ou moins grandes en fonction de la personne en charge du contrôle avec risque de second contrôle et scolarisation imposée si la personne est trop subjective).

Plusieurs pédagogues recommandent pourtant un passage en communauté retardé.
Motif 1 : L'enfant a besoin de construire son identité, de développer son moi en choisissant des modèles "sains". En effet, le tout petit apprend tout d'abord par mimétisme. Face à lui, à l'école, un ou deux adultes et des dizaines d'enfants.  Des enfants aussi immatures que lui. Le mimétisme peut donc être en sa défaveur...
Motif 2 : L'enfant a besoin de remplir son réservoir émotionnel. Il est donc important qu'il soit rassuré toutes les fois qu'il en ressent le besoin. Ce capital émotionnel va lui permettre d'acquérir les forces pour ensuite gérer les moments difficiles qu'il sera amené à traverser. C'est une des raisons qui font qu'on dit que tout se joue avant 7 ans.
Dans les faits, tout n'est pas joué avant 7 ans, mais plus l'enfant aura été rassuré tôt, plus fort il sera.

Pas d'école avant 6 ans alors ?
Vous le savez, je ne suis pas pour les réponses générales, je vous propose donc ma réflexion :
Motif 1 : Si l'enfant est scolarisé, le seul moyen de compenser un mimétisme qui aboutit à des problèmes de comportement est d'avoir en face un adulte particulièrement bienveillant qui entame une discussion avec les enfants, les incitant à l'esprit critique et la communication au lieu des poings et bousculades pour explications.
Motif 2 : La majorité des enfants parvient à remplir suffisamment son réservoir émotionnel en ayant un ou des parents attentifs à la maison. Le temps de qualité partagé ensemble, l'attention parentale, la bienveillance de l'enseignant(e) leur permettent d'avancer et de se construire sereinement.
C'est plus compliqué pour les BABI, ces bébés, puis enfants aux besoins intenses...

Un savoir fragile

Les parents et enfants que je rencontre ont souvent été surpris que je m'intéresse très peu aux grilles d'évaluation, c'est-à-dire à la somme de petits ronds verts, oranges ou rouges.
En effet, selon moi, la plupart du temps, les notes ne veulent rien dire.
En regardant une copie, je peux constater si l'énoncé n'a pas été compris, si l'enfant est allé trop vite ou s'il n'a rien retenu. Si j'avais regardé le rond, j'aurais vu un rond rouge à chaque fois, les motifs étaient pourtant très différents.
Un rond vert ne garantit pas davantage une réussite puisque la majorité des enfants apprennent par coeur, mais ne structurent rien. Résultat : de bonnes notes sur le moment, puis du vent ensuite...
L'exemple le plus flagrant est peut-être celui d'un neveu ayant eu 18/20 à son contrôle d'histoire sur la première guerre mondiale (en 3e). Deux mois après, il confondait révolution russe et 1ère guerre mondiale... Il avait tout oublié ou presque...

Aujourd'hui, les enfants sont bombardés d'informations. Très tôt, ils ont une tablette, un portable, un ordinateur entre les doigts. Ils surfent avec dextérité (ou pas : certains pressés "qui savent" plantent ainsi régulièrement tel ou tel appareil). Ils "savent". Ils l'ont vu à la télé, ils l'ont vu sur les écrans.
Ils croient savoir. Comme trop souvent pour les contrôles, ils ont posé leurs yeux, lu, écouté et ils ont enchainé avec autre chose. Ils ne savent pas. Ils accumulent. Logiquement, tout se mélange. Une bouillie indigeste se forme dans leur cerveau.
Lorsqu'ils essaient de récupérer l'information, ils ne savent pas davantage comment la récupérer, ils appuient sur un bouton virtuel et recrachent ce qu'ils croient savoir. A la loterie, on peut tirer les bons numéros. Parfois l'information est juste.
Certains enfants dotés d'une meilleure mémoire que d'autres parviennent malgré tout à identifier la bonne réponse.
Et puis, pour les devoirs, il y a le "bachotage", le fait de répéter encore et encore, sans se réapproprier, seulement pour se souvenir au moment M.

Une réflexion utile

Ne pas se poser, ne pas prendre le temps de réfléchir, c'est apprendre à agir sans réfléchir.
Ne pas réfléchir, avoir l'impression de tout savoir ou de beaucoup savoir, c'est très confortable.
Ne pas réfléchir, c'est risquer de peu retenir. 
Ne pas réfléchir, c'est risquer que d'autres pensent et décident pour nous.
Il s'agit d'apprendre à réfléchir à ce qu'on voit, entend et apprend.
Il s'agit d'exercer son esprit critique.
Il s'agit de ne pas se contenter de recevoir en mode zapping comme la culture écrans nous encourage à le faire, mais d'apprendre à se poser, d'être actif dans son processus d'apprentissage.

Merci d'avoir lu cet article et à très bientôt !

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