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Etre bienveillante, c'est jouer les funambules


   Etre bienveillante, ce n'est pas être parfaite.
Ce n'est pas ne jamais s'agacer, réagir toujours avec le sourire.
Etre bienveillante, ce n'est pas prétendre vivre dans un monde parfait où tout est lisse, rose, facile.

   Etre bienveillante, c'est beaucoup beaucoup plus facile lorsque tout va bien: lorsqu'on est en bonne santé et peu fatiguée, lorsqu'on est entourée, lorsqu'on n'a pas ou peu d'enfants et/ou que ceux-ci sont calmes et n'ont pas de besoins particuliers. C'est plus facile lorsque l'argent n'est pas un problème, plus facile lorsque le travail est uniquement bonheur.
Etre bienveillant, j'ose le dire, c'est plus facile lorsqu'on est un moine qui ne doit pas se soucier de son dîner, du lieu où il dormira, lorsqu'on n'a pas "charge d'âmes". Pas de bol, ce n'est pas mon cas et probablement pas le vôtre !

La bienveillance n'est pas la facilité. C'est infiniment plus facile de s'emporter, de dire "je suis comme ça et puis c'est tout", "je pense à moi et puis c'est tout", et plus encore, c'est plus facile de proclamer "l'autre est chiant ! nul, il ne comprend rien". Pourtant tout ça n'est pas inconciliable avec la bienveillance. Finalement, ça dépend de la durée, des circonstances, des mots prononcés, des gestes réalisés.

La bienveillance, ce n'est pas la perfection. Loin de là.
On peut même être soi, si si ;) 

   Pour ma part, je ne suis pas parfaite... Sous le coup de la fatigue, je dis parfois des mots que je regrette, je suis une mère imparfaite qui envoie parfois "bouler" ses filles.
Sous le coup de la colère, je suis capable d'avoir des mots durs envers des gens que j'apprécie.
Sous le coup de l'injustice, je pleure, je tempète, je crie au scandale, parfois en public comme sur ce blog, souvent en privé.
Sous le coup de l'inquiétude, je dors peu, je ressasse encore trop parfois... 

Et pourtant, j'estime être bienveillante. En règle générale, c'est d'ailleurs une qualité qu'on retient de moi.
Pourquoi ?
Parce que j'ai appris à jouer les funambules. 
Lorsque je suis en colère, je m'efforce d'évacuer ma colère autrement qu'en lançant les mots qui blessent.
Lorsque je suis fatiguée, en principe, j'essaie de me reposer.
Lorsque je suis victime ou témoin d'une injustice, je n'essaie plus systématiquement de la réparer... du moins j'essaie... L'expérience m'a appris qu'il n'y a pas plus sourd que celui qui refuse d'entendre. J'essaie de cerner si le jeu en vaut la chandelle, parfois je tente, je n'insiste plus.  C'est avant tout une question de bienveillance envers soi-même : répéter encore la même chose, en venir à se justifier, ce n'est pas être bienveillant envers soi.
J'ai même appris à pardonner lorsque c'est pardonnable.
J'ai surtout appris à voir le beau où il se cache, à admirer la nature, à chercher la pépite chez autrui... 
Nous ne sommes pas responsables des idées erronées d'autrui. 
Nous pouvons seulement choisir ce sur quoi nous voulons concentrer notre énergie.

   Etre bienveillante, c'est tomber régulièrement du fil fragile sur lequel on danse (parce que oui oui  c'est moi sur l'image, tu as vu comme je suis svelte, gracieuse et tout et tout ;) ). C'est songer alors "mais quel est ce choix débile de bienveillance qui est le mien ? Ma vie serait plus simple si je ne m'encombrais pas de bienveillance. Et si elle avait raison cette maman qui affirme haut et fort que c'est casse-pied, destructeur ? Et s'il avait raison ce type qui prétend que les évolutions dans les rapports humains sont liées au commerce et non à la bienveillance ?"
De leur point de vue, ils ont raison.
Du mien, non.
Chacun de nous a sa vérité, chacun de nous a raison.
Elle a raison parce que si on glisse dans le perfectionnisme, on ne peut plus être bienveillant envers soi et donc envers autrui.
Il a raison car le commerce a un pouvoir plus puissant que la bienveillance, je le crains. L'argent mène encore souvent le monde. Pourtant est-ce que l'amour n'a pas un pouvoir plus puissant encore?

Pour être bienveillante avec moi, pour être fidèle à mes valeurs, je me tourne vers la bienveillance. Pour cela, je m'autorise la colère et lorsque l'émotion est passée comme un nuage chargé d'orage, le ciel redevient plus bleu, je peux regarder le paysage quelques instants même si ma vie est très loin d'être un fleuve tranquille, même si les épreuves se succèdent. Mon coeur s'apaise, je peux reprendre mon jeu de funambule jusqu'à la prochaine tourmente. ☺

Merci d'avoir lu cet article et à très bientôt !


 
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Commentaires

  1. J'adore votre billet ! Je m'y retrouve. Merci.
    Laurence

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