vendredi 17 février 2017

Simplement être : Je suis une maman sans école, mais pas seulement


Depuis bientôt 19 ans, je suis maman.
Avant déjà, je prenais soin d'un enfant.
Depuis 10 ans déjà, mes filles grandissent sans école.

Pourtant, je ne suis pas seulement une maman.
Pourtant, je ne suis pas seulement une maman sans école.


Burn out


Prendre soin des autres, une raison d'être, une façon d'être. Pourtant, le risque est de s'oublier et oui, cela m'est arrivé... au point de flirter avec le burn out, au point d'être dévastée par lui il y a quelques années. Avec le recul, j'ai compris que j'aurais pu succomber à un burn out avec des choix professionnels ou autres, simplement parce que j'accumulais sans arrêt les activités, parce qu'un projet n'attendait pas la fin de l'autre, parce que je suis perfectionniste, désireuse de bien faire, parce que j'ai grandi avec l'idée qu'il faut toujours en faire plus. 
Lorsqu'on est au fond, tout au fond de l'eau, à demi noyée, il reste deux options: ne plus lutter et couler ou taper désespérément du pied en espérant remonter... ce fut long et difficile, mais je suis remontée.
J'ai retenu la leçon, j'ai appris à appuyer sur le bouton pause quand les signaux d'alerte reviennent.

Le temps de vivre


Au début de l'instruction en famille, une des premières libertés fut celle de suivre le rythme des filles, ne plus se soucier des pseudos normes, ne plus se soucier des pressions et pourtant pression il y avait encore à cause des contrôles pédagogiques et du risque qu'ils soient irrespectueux de nos enfants.
Au quotidien, en suivant leur rythme, sans attentes, la vie était plutôt douce, emplie de rires, de bonheurs partagés, de temps apprécié.
Prendre le temps de se réveiller (sans pour autant se lever tard car chacune était réveillée avant 9 heures).
Prendre le temps de manger sans se dépêcher pour retourner à l'école.
Prendre le temps de se promener.
Prendre le temps de visiter.
Prendre le temps de partager.
Prendre le temps de grandir.
Parfois, j'avais le sentiment d'évoluer hors du temps et je regardais ce monde moderne qui s'agitait de plus en plus, toutes ces personnes qui couraient partout et je songeais: "Mais après quoi courent-elles ainsi?"
C'était si doux de prendre le temps...

Le Burn out est arrivé quand les filles ont grandi, quand j'ai craint davantage pour les contrôles pédagogiques, quand j'ai repris une activité (investissement bénévole plus conséquent, théâtre et écriture), et puis quand Internet a été plus présent dans ma vie, quand j'ai recommencé à courir après le temps...

Aujourd'hui encore, je cours trop souvent après le temps... En 2016, j'ai affronté certaines difficultés et là encore j'ai eu le choix: baisser les bras ou me battre... J'ai pleuré et je me suis battue, mais tout en me battant, j'ai réalisé que si certaines choses ne dépendaient plus de moi, ma relation au temps pour certaines d'entre elles pouvait changer les choses... Renoncer à certaines de mes programmations, me fixer des objectifs raisonnables, apprendre à dire stop, accepter les choses telles qu'elles étaient et ne plus anticiper... Trop anticiper, c'est courir après le temps toujours plus rapide que nous...
La semaine dernière, j'ai rencontré une femme qui est dans une association avec moi. Elle est retraitée et il se dégage d'elle une profonde sensation de quiétude. Mes yeux à moi étaient sans doute allumés, presque hallucinés... Je courais après le temps... Plusieurs rendez-vous à honorer et l'oubli que j'étais en vacances. Vacances au sens où je l'entends moi ☺, c'est-à-dire net ralentissement de mes activités.

Car oui, j'ai appris à me mettre en pause régulièrement, à prendre du temps pour ralentir, à prendre des moments pour moi et à les imposer... Une maman épuisée ne peut plus écouter attentivement... Alors, je ne culpabilise plus depuis longtemps.
Pendant ces pauses, je bidouille. Des vacances sans activité, ce ne sont pas des vacances pour moi. ☺ Je partage. Parfois je bosse. Je jardine. Je me promène. Je passe du temps avec mes proches. Je prends du temps pour penser et me retrouver aussi.
Et à la fin de ma pause, la lumière folle de l'agitation du temps disparait de mes yeux... Je suis ressourcée, prête à suivre mes projets.

Suivre mes projets


Des projets de maman. Oui, j'assume, je suis une maman louve. Je vis en meute, j'aime prendre soin de mes louveteaux. Ils grandissent. Je resterai leur mère, présente lorsqu'elles en auront besoin même si elles sont 50 ans. Donner des ailes et des racines est mon leitmotiv depuis toujours. Ne pas s'imposer, être là.

Des projets de femme, je ne partagerai pas ici la plupart d'entre eux. C'est mon jardin secret.
Simplement celui-ci puisque, cette semaine, j'ai relancé le blog 100 jours pour développer mon intelligence émotionnelle. Sollicitée à plusieurs reprises, je me suis aperçue que mon blog, les recherches faites pour celui-ci avait contribué à ma sérénité (qui est encore à améliorer, on ne change pas une speedy woman en deux clics), au regard que je porte sur le monde.

Des projets professionnels
- un prochain livre sur l'école à la maison qui paraitra mi-mars.
- un nouveau livre qui me tient à coeur, Mémoire d'éléphant-Mémoriser avec un trouble dys, un TDA ou pas.
- un autre livre en préparation
- mon implication au sein de Cultitalents, une association importante pour moi. En effet, il y a très longtemps que j'ai envie de partager plus autour des difficultés d'apprentissage, envie d'offrir des pistes pour mieux accompagner, envie de susciter un vrai bonheur d'apprendre comme ont vécu mes filles tout au long de ces années.

Toujours autour des enfants, me direz-vous. Et vous aurez raison. Ce matin, sur le blog 100 jours pour développer mon intelligence émotionnelle, j'ai proposé à chacun de nous de penser/rédiger son CV idéal et en préparant le mien, j'ai pris conscience que le mien me convenait!
Je rêvais d'aider des enfants, je l'ai fait et je continue.
Je rêvais de créer, je l'ai fait et je continue.
Je rêvais de jouer la comédie, j'ai été comédienne amatrice pendant des années et j'ai même pu jouer les metteurs en scène et si j'aspire à recommencer, je sais que c'est une question de temps et de priorité.
Je rêvais d'un lieu où enfants tristes et animaux délaissés deviendraient heureux ensemble, je ne l'ai pas encore créé, mais la vie m'a appris qu'un chemin détourné nous emmène parfois vers ce qui nous tient vraiment à coeur... alors je suis mon coeur jour après jour.



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