samedi 10 décembre 2016

Les petits non scos, des champions en pensée divergente?



En prenant l'habitude d'apprendre autrement, en prenant l'habitude d'explorer, de penser par eux-mêmes la pensée divergente de nos enfants est encouragée.
Qu'en serait-il si on leur proposait le test ci-dessous? Mon petit doigt me dit que leurs résultats seraient plus élevés.
Revers de la médaille : la pensée divergente ne favorise pas la réussite aux examens, elle ne l'empêche cependant pas lorsque l'ado devient caméléon. Et puis être un bon élève, la réussite aux examens conditionne-t-elle la réussite future?

La pensée divergente, c’est quoi ?

 La pensée divergente, c’est la capacité à penser autrement, à imaginer de nombreux usages aux objets, de nombreuses alternatives à une situation donnée, à imaginer de multiples réalités possibles.

La pensée divergente n’est pas synonyme de quotient intellectuel même si la pensée en arborescence d’un adolescent ou adulte à haut potentiel permet généralement plus de propositions différentes. Mais ces propositions dépendront aussi de l’habitude prise par le cerveau, nous y reviendront après l’étude présentée ci-dessous.

Une étude révèle que 98 % des enfants sont des génies en pensée divergente

Un test a été proposé à un panel de personnes afin de voir combien de possibilités étaient envisagées pour un même objet.
Entre 3 et 5 ans, 98 % obtenaient des scores très élevés.
Entre 8 et 10 ans, ils n’étaient plus que 32 %.
Entre 13 et 15 ans, 10 %…
Au-delà de 25 % seul 2 % des personnes du panel pouvaient être considérés comme des génies en pensée divergente…


Pourquoi une telle chute en pensée divergente?

  • Parce que le système scolaire actuel encourage à penser tous à l’identique, à produire une seule lecture et une seule réponse pour une consigne donnée. Dans le cas contraire la réponse est considérée comme fausse. Le système scolaire actuel a peu évolué depuis l’industrialisation or si autrefois il était « utile » d’avoir des personnes pensant et agissant à l’identique pour être plus fonctionnels dans des usines (y compris à gaz comme l’a très justement fait remarqué Gérald Hüther, dénonçant par la même le risque d’une pensée trop convergente…). Alors bien sûr il ne s’agit pas de dire que l’école prépare à une future tyrannie, mais de s’interroger.
  • Parce que de plus en plus tôt nous sommes encouragés à entrer dans des cases : le moindre petit décalage de langage et on conseille l’orthophoniste pour avancer aussi vite que les autres; le moindre petit décalage pour manger, marcher et déjà on scrute l’enfant. Les diagnostics sont importants lorsqu’il y a une difficultés avérée et durable, un réel décalage avec les autres. Mais diagnostic ou pas, l’enfant, l’adolescent, l’adulte n’est pas une case, une étiquette, croyons en  sa capacité à imaginer sa propre réalité.

Les atouts d’un pensée divergente

Dans le monde incertain d’aujourd’hui penser différemment peut être une chance car on peut ainsi plus facilement imaginer un nouveau métier, imaginer une solution pour rebondir. Si cette pensée ne garantit pas le succès a fortiori immédiat, elle multiplie les chances d’y parvenir.
Penser différemment c’est être capable d’imaginer une nouvelle solution, de changer de regard pour découvrir ce que les autres ne voyaient pas parce que l’angle de vue a été changé. C’est pourquoi les plus grands créatifs excellent en pensée divergente.
Penser différemment c’est aussi être plus ouvert, plus tolérant envers l’autre. Ainsi combien de petits de 3 ans rejettent une personne pour la couleur de sa peau ou pour un handicap? Inspirons-nous de nos petits génies en pensée divergente. Pour eux, il n’y a pas encore de notion de bien ou de mal, de ce qui se fait ou ne se fait pas, il y a des occasions de découvrir, de s’enrichir. Apprendre que certaines actions ne sont pas possibles -frapper son voisin qui a volé son jouet ou qui l’a contredit par exemples- ne signifie pas apprendre des peurs infondées. Or l’ouverture à l’autre enrichit encore la pensée divergente en nous permettant de nous ouvrir à des réalités pas imaginées, en nous permettant d’imaginer de nouvelles solutions.
Penser différemment c’est aussi être plus facilement capable de dire « stop » lorsqu’une situation est anormale. Plus rapidement on remet en question ce qui pose souci. Pour reprendre la situation évoquée par Gérald Hüther, il est probable que les premières personnes à avoir réagi contre le nazisme ont été des personnes directement victimes des horreurs perpétrées mais aussi des champions en pensée divergente car ils ont prêté attention les premiers à de petits signes indiquant un dysfonctionnement… Cette attention est favorisée par un pensée où le cerveau est habitué à chercher plusieurs options possibles.

10 idées pour encourager le génie de notre enfant

  • En évitant de le faire entrer précocement dans des cases.
  • S’il a besoin d’un diagnostic, en ne le limitant pas à ce diagnostic.
  • En l’encourageant à penser autrement : son raisonnement vous semble étrange? N’a-t-il pas raison malgré tout? Plusieurs options ne sont-elles pas possibles?
  • Il envisage une expérience, un bricolage un peu particulier, encourageons-le (en l’invitant à s’informer sur les dangers s’il s’agit d’une expérience pouvant REELLEMENT l’être).
  • En l’invitant à donner son avis après une lecture, une exposition, la visite d’un musée, le visionnage d’un film et sans se moquer de cet avis.
  • En l’encourageant à lire pour y découvrir d’autres idées, d’autres pensées, afin d’élargir son horizon.
  • En l’encourageant à rencontrer et échanger avec des personnes différentes, à ne pas s’arrêter au premier moment de surprise. Est-ce son instinct qui lui souffle qu’il faut être prudent ou est-ce la peur acquise (peur acquise car conditionnée par des préjugés explicites ou implicites)?
  • En s’intéressant à ses idées qui vous semblent folles. Nul doute que les premières tentatives de s’élever dans les airs étaient jugées comme étant folles, impossibles et pourtant…
  • En lui lançant de petits défis : imagine ce que tu pourrais faire avec ce trombone, cette coque de noix, ce stylo, etc.
  • En lui lançant de grands défis : que dirais-tu d’imaginer notre propre cabane à poules, un arbre pour nos chats, une fusée ?

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