lundi 21 novembre 2016

Ecole et Instruction en famille, et si on coopérait ?


Dans une thèse très gentiment proposée à la lecture par une internaute, j'ai pu observer comment l'instruction à domicile s'était développée au Québec.

Comme en France, les familles concernées étaient au départ une petite poignée, en partie par choix de vie différent, en partie en réaction au système éducatif. Et puis une plus grande connaissance de cette alternative, les moyens mis à disposition (manuels et supports numériques), la facilité d'échanges grâce au net ont permis le développement de cette autre réalité. Comme en France, les services officiels ont été interpellés, inquiets même, mais ils ont réagi autrement...


En France, cette semaine aura lieu le nouveau vote concernant l'article 14 bis. Pour rappel il vise à permettre aux personnes en charge du contrôle d'imposer modalités et lieu.
Avec le décret déjà effectif, c'est de toute façon déjà sous entendu... Contraindre n'est pourtant pas un gage de réussite, il suffit de penser au nombre croissant d'enfants en échec scolaire...

Au Québec, en réaction au développement de l'instruction à domicile, les écoles ont été encouragées à ouvrir leur porte, à prêter leur matériel... Des dialogues, des échanges ont été engagés. Une démarche constructive a été mise en place. ☺

Je rêve de la même chose en France... Ce n'est pas pour rien si ce blog évoque également les écoles alternatives... Pourtant, au fil des années, je me suis aperçue d'une évidence : malgré mon travail, malgré mes recherches, un frein est souvent apparu. En tant que maman sans école, je n'étais pas crédible pour certains. Or je crois au contraire que nos réalités ont beaucoup à apporter, pas seulement parce que nous voyons les choses autrement, mais aussi parce que nous pouvons expérimenter autrement.
Ainsi je suis sur des groupes centrés autour des dys, beaucoup de souffrances y circulent... et cette souffrance ne devrait parfois même pas exister !! Parfois on entend des familles sans école affirmer que les troubles dys n'existent pas tant qu'on suit le rythme de l'enfant, tant qu'on applique la pédagogie adéquate et force est de constater que ces troubles existent moins en instruction en famille qu'à l'école! Pourquoi?
Parce que le rythme de l'enfant est plus souvent respecté, parce que la pédagogie est personnalisée, parce que la pression exercée (attentes de l'éducation nationale) sur l'enfant est moindre.

Mais ça ne signifie pas que ces troubles n'existent pas. Par contre oui, il y a beaucoup à apprendre des enfants instruits sans école et j'aimerais que les chercheurs se penchent sur des modes d'apprentissage alternatifs, ils risqueraient parfois de voir bousculer leurs certitudes et de modifier leurs conclusions...
En attendant c'est pourquoi je poursuis mes proches recherches et expérimentations commencées depuis des années, pourquoi même si le projet que j'avais imaginé est difficile à mettre en place pour des questions techniques, je ne veux pas renoncer. Il n'est pas naturel qu'un enfant souffre... surtout sans raisons...


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9 commentaires:

  1. Merci pour cet article inspirant ! Je ne connaissais pas du tout ces faits pour le Québec et... ça me fait rêver ! Toutes ces possibilités de partage, d'entraide,.... Dans une telle perspective je me dis que des ateliers trimestriels autour d'un thème, mêlant enseignants et IEFeurs, par exemple... aaah c'est fou tout ce qu'on pourrait faire ensemble ! là pour le coup je serais même ok pour que la loi les rende plus ou moins obligatoire ! (Pour peu qu'ils s'agisse bien d'échanges de bonnes pratiques, pas de prechage de la bonne parole...)

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    1. Effectivement il y aurait beaucoup à échanger :) Par contre pas pour la possible obligation, dès lors où il y aurait obligation je crains qu'il y aurait rapport d'inégalité...
      Bonne nuit Gwen ! :)

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  2. En parlant, IEf et Quebec, connais tu Thierry PArdo? Il a écrit sur le sujet plusieurs fois en tant qu'universitaire et papa de 2 garçons en ief. https://uneeducationsansecole.wordpress.com/publications/

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  3. Bonjour Stef :)
    Effectivement je connais :) J'ai partagé une de ses vidéos ici : http://apprendreavecbonheur.blogspot.fr/2016/04/anatomie-dune-education-reflechie.html
    Merci pour le partage, je vais regarder l'article. :)
    Bonne journée !

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  4. Rectification je ne connaissais pas le blog, je vais l'ajouter :)- Merci !

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  5. Nous avons dans nos connaissances une famille expatriée durant moult années aux USA et le principe est un peu le même qu'au Canada. Les familles IEF ne sont pas exclues de l'école et peuvent se rendre dans les diverses structures existantes (gymnase, bibliothèque...) sans que personnes n'y trouvent à redire. Il est même possible dans certaines écoles de suivre ponctuellement quelques cours avec des enfants scolarisés.

    Mais ce sont les USA et le Canada ! Là-bas, l'esprit "pionnier" et l'idée de liberté y sont historiquement implantés.
    Nous, ici, c'est assez différent. Il y a chez nous quelques chose de tabou dans la notion de liberté individuelle. On ne jure que par la collectivité au risque de ne promouvoir que l'uniformisation. C'est très regrettable...

    Je ne crois pas que le système outre-atlantique soit reproductible en France. L'IEF, c'est donc 0,8% de la population aux USA, ça reste une goutte d'eau mais c'est quand même 2,5 millions d'enfants. Avec des structures juridiques solides et des associations groupées. Rien de ce qui existe chez nous.

    Rien n'est comparable mais je crois que nos dirigeants peuvent continuer de nous mépriser sans danger (électoralement parlant) et sans vergogne. L'IEF, ici, c'est 0,008% de la population !!!

    Peut-être un jour aurons-nous des politiques ouverts et qui cessent de brandir le spectre de la peur mais franchement, ce n'est pas pour tout de suite !

    Cela dit, à notre façon, nous oeuvrons pour ça aussi...

    Valérie

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    1. Merci pour ce retour Valérie, peu surprenant au fond. En France il arrive parfois qu'un enfant non sco puisse venir une journée en classe, mais ce sont des initiatives très isolées...
      Pour les associations groupées, j'en parlais avec une copine tout à l'heure, c'est régulièrement un manque dans certains départements, heureusement j'ai l'impression que ça change et que les réseaux s'organisent davantage.
      Bonne soirée :)

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  6. "Sans que personne n'y trouve à redire..." et "quelque chose".

    Avec toutes mes excuses !
    Valérie

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    1. Pas remarqué, pas de soucis ;) Il faut dire que ce soir à la maison j'ai un concours de rires étranges et déstabilisants ! lol

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