mardi 19 juillet 2016

Le unschooling, c'est quoi ?

qu'est-ce que le unschooling

Je ne sais pas pour vous mais envie de fraicheur donc, une parenthèse dans le froid, ça vous tente ?

Plus sérieusement aujourd'hui je vous propose de nous interroger ensemble autour du unschooling (suite à une discussion qui a lieu sur Unschooling en France).

L'instruction en famille n'est pas le unschooling



Régulièrement nous lisons "Je me lance dans le unschooling, je viens de déscolariser mon enfant".

Un enfant est instruit à domicile lorsqu'il ne va pas à l'école qu'il s'agisse de cours par correspondance ou d'instruction en famille.

Un enfant est instruit en famille lorsqu'il apprend à la maison et n'utilise pas de cours par correspondance. La nouvelle circulaire (n°2011-238 du 26 décembre 2011) a toutefois assimilé les deux.

Un enfant peut être instruit en famille de bien des façons : il est possible de reproduire le modèle de l'école à la maison, de suivre les programmes scolaires, possible de suivre une pédagogie (Mason, Steiner, Montessori essentiellement), possible de faire un mixte, possible d'être en unschooling ou tout autre choix pédagogique dont on aura imaginé le nom !

L'enfant au centre 

Première idée fondamentale dans le unschooling : l'enfant est placé au centre de tous ses apprentissages.

Cette idée se retrouve également dans bon nombre de pédagogies alternatives.

Cependant dans le unschooling on va plus loin, les choix sont uniquement centrés autour de l'enfant, de ses projets, demandes et besoins du moment.
L'enfant apprend pour lui et l'adulte ne choisit pas/n'impose pas ce qui est appris. 

Aucun apprentissage imposé en unschooling


Dans le unschooling le parent n'impose pas d'apprentissage.
Si une activité, un support, ne convient pas à l'enfant, il est délaissé.

Cependant ça ne signifie pas que l'enfant fait ce qu'il veut sans respect d'autrui : si l'enfant se comporte mal avec d'autres, son attitude n'est pas ignorée.
Ainsi un parent peut être amené à intervenir si un enfant jette tout à coup des objets sur un autre enfant, le dialogue permet souvent de désamorcer la situation. Parfois, par exemples, l'enfant se sent mis de côté, est fatigué ou bien a besoin de contacts.
Etre un parent unschooler ne signifie pas être un parent "lointain" comme on pourrait le croire, mais être un parent bienveillant.

Unschooling : formel ou pas formel ? 

C'est peut-être l'opposition la plus fréquente qui revient, la raison qui nous a fait choisir le terme de "libre-schooleuses" afin de ne pas débattre et justifier l'appellation de notre choix. Nous aimons de toute façon l'idée de liberté contenue dans "libre-schooling". ☺

Certains unschoolers affirment qu'on ne peut être en unschooling et proposer/utiliser des supports formels.

Comme un certain nombre de unschoolers français ou anglophones, je considère qu'on peut parfaitement concilier les deux à partir du moment où l'enfant apprécie ces supports. Si l'enfant apprécie et/ou les demande, pourquoi l'en priver? Ne serait-ce pas contraire au principe même du unschooling qui vise à répondre aux demandes de l'enfant?

En revanche si le parent impose un support formel, il ne s'agit plus de unschooling puisque l'apprentissage devient dirigé.

Méthode ou pas en unschooling ?

Par définition une méthode ne peut pas correspondre au unschooling. Le unschooling est unique et individuel, une méthode ne l'est jamais tout à fait.

En revanche on peut s'inspirer d'une méthode pour proposer, on peut proposer du matériel donné, passer un certain temps à le préparer et s'entendre dire "ah non ton truc j'en veux pas". Sic, les joies du unschooling. ☺

Proposition du parent unschooler ou pas ? 


Là encore opposition fréquente parmi les unschoolers, certains partent du principe qu'il ne faut rien proposer et attendre que l'enfant demande.

Nous sommes nombreux à penser que le parent peut également proposer en réponse à un intérêt du moment ou bien en lien avec un thème pouvant intéresser l'enfant.
Le tout est de ne pas proposer systématiquement ou bien l'enfant n'a plus le temps d'avoir ses propres projets, ses propres demandes.

Citation proposée par Maman cavalière :
" [...] dans une approche telle que la nôtre, qui considère que l'enfant est l' acteur de ses apprentissages, il importe de partir de sa situation personnelle, de sa façon d'apprendre et aussi de ce qu'il sait déjà. Il s'agit donc pour vous de proposer à votre enfant des échanges stimulants et agréables grâce à un environnement suscitant sa curiosité et ensuite d'accompagner ses inclinations." extrait de "Apprendre à lire en famille" de Marlène Martin.

Programme ou pas en unschooling? 

Dernière opposition : aucun programme ne peut être préparé/un programme peut être préparé.

Possible pour le programme scolaire exclusivement si demande expresse de l'enfant en lien avec un projet de scolarisation ou plus généralement d'examen. Et encore il est possible de suivre son propre chemin sans reproduire exactement l'école à la maison, c'est ce que nous vivons avec la préparation au bac. ☺

Si le parent (comme moi... légèrement accro aux listes-sic) se prépare un programme et est prêt à bouleverser totalement celui-ci en fonction des demandes ou refus de son enfant, c'est compatible.
Le programme est alors vu comme un pense-bête, il est donc difficilement prévisible six mois à l'avance (hors examen où ça peut être différent). Exemple : proposer un voyage virtuel, proposer une visite à l'aquarium de La Rochelle, etc.

Si l'enfant (peut-être légèrement contaminé par le parent maniaque des listes ou lui-même fan de programme, si si ça arrive) demande quelques lignes de programme à afficher sur un planning parce que pour lui c'est un pense-bête, c'est également compatible avec le unschooling, ça a été le cas ici quitte à ce que la liste ne soit pas du tout respectée et que rien de ce qui a été écrit/programmé n'ait été fait ! Très utile pour soigner les parents obsédés des listes. ;)

Bon le programme, à mon avis, c'est vraiment un truc de fana des programmes. ;) Moi, j'en fais pour tout ou presque ! Quitte à ne pas les suivre, lol.

Retrouvez ici notre libre-schooling (unschooling).


Mes livres afin d'en savoir plus sur l'instruction en famille :
 

12 commentaires:

  1. Quand je lis ton résumé je me sens unschooleuse (libre-schooleuse) avec mes enfants, mais aux contact de unschooleurs qui ont aboli le formel, j'observe un vrai différence d'état d'esprit.

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  2. Pour moi la question ne se pose pas dans ces termes là.
    Un nageur est nageur qu'il nage comme un "petit chien" ou en nage crawl ou nage brasse ou en mode nage inventée (après tout il a bien fallu imaginer les autres avant qu'elles soient normées).
    Normées tout est là. Pour moi l'excès de normes (dont l'interdiction du formel) ne peut pas aller de pair avec le unschooling.

    Si l'enfant aime un support, est-ce que lui interdire de l'utiliser n'est pas justement antinomique avec le unschooling qui place l'enfant au centre?

    Longtemps je me suis dit "je ne sais pas ce qu'on fait, mais on le fait et ça nous convient!" et puis en rencontrant d'autres unschoolers je me suis dit "ah mais tiens c'est comme nous" jusqu'au jour où on m'a dit que nous étions des unschooleurs pas des libre-schooleurs (bon nous on préfère toujours être des libre-schooleuses), que c'était la même chose.

    Alors, selon eux et moi, si tu n'imposes rien, tu es une unschooleuse, qu'importe les supports...

    Bonne journée !

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  3. Merci pour cet article très éclairant.

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    1. De rien :) Merci à Virginie d'avoir lancé le sujet !

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    2. (sur Unschooling), la question est fréquente et les échanges intéressants.

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  4. Merci Isa pour ce super article et tout particulièrement sa clarté !
    Ça permet de poser les choses, voire de les remettre à leur juste place. Le formel ce n'est pas le diable hihihi ;-)

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    1. Et oui le formel n'est pas le diable ;) Il y a de très jolis cahiers, bien faits, ensuite tout dépend de l'enfant. M. par exemple n'a quasiment jamais souhaité un cahier, question de goût et de mode d'apprentissage. :)
      Bonne journée !

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  5. Messages copiés avec l'accord d'Elvire, merci encore ! :)

    Elvire : "je partage assez ta définition Isa Lise. Juste pour préciser, en ce qui concerne le formel, il faut avoir un sacré détachement et une relation mega saine, avoir fait un beau bout de chemin pour ne pas avoir d'attente quand on a élaboré un programme pour son enfant. Du coup, nos enfants peuvent sans que nous ne l'ayons détecté faire des choses pour nous rassurer, nous faire plaisir. Le plus gros boulot en unscho, c'est de se déprogrammer, de faire grandir la confiance (en nous, en nos enfants), et nous en partons pas tous du même point suivant nos chemin de vie... donc il faut aussi avoir un regard bienveillant sur nous-même ! Tout cela se construit petit à petit, et aucun enfant, aucun parent n'est identique. Je suis toujours sciée de voir des parents qui instinctivement sont direct dans le unscho, moi ça m'a demandé un sacré bout de chemin punaise (et ce n'est pas fini !)."

    Ma réponse :" Tout à fait d'accord avec toi ! C'est pour ça que je pense que le chemin est souvent progressif... Il est clair que les premiers supports formels, elles les faisaient pour me rassurer moi et l'inspecteur... Dès qu'elle a pu, dès qu'elle a compris qu'il n'y aurait aucune pression la grande les a vite envoyer valser sauf pour le bac où elle s'est beaucoup ennuyée..."

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    1. bonjour,

      Tout à fait d'accord avec Elvire. Le plus gros travail est de se déformater. Pas facile du tout surtout quand on a baigné dans le système sco toute sa vie. Je sais que j'essaie de faire du unscho, mais je suis obligée de me forcer à fermer les yeux pour ne pas suivre le programme et faire aussi comme mon fils a envie.
      J'ai parfois la boule au ventre, peur, peur de mal faire, peur de ne pas arriver à avoir un métier...., mais j'essaie.On verra comment se déroulera cette année IEF.
      merci pour ton partage
      bises

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    2. Effectivement difficile... Et puis pour ma part je pense à tous ceux qui ne vont pas bien, quelle que soit la manière dont ça se manifeste, à tous ceux qui malgré de jolis diplômes galèrent et je me dis qu'on ne peut avoir aucune garantie alors il me semble important de nous efforcer de doper leur confiance en eux...

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  6. Intéressant. Une amie m'a passé cet article. Honnêtement, après des années aux USA ou le unschooling est très bien accepté, je croyais naïvement que cela était illégal en France.

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    1. Bonjour Nicole. Le unschooling n'est pas illégal en France, en revanche il n'est pas toujours bien accepté et, en fonction de l'interlocuteur, le contrôle peut s'en trouver compliqué...
      Bonne journée !

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