vendredi 4 mars 2016

De l'école en pampers à la convention obsèques


pression école 2 ans

   Si, dans l'absolu, je n'ai rien contre l'école, je ne comprends pas qu'on insiste sur la scolarisation dès deux ans...
Un bout de chou vient de souffler ses deux bougies ou bien il le fera dans les prochains jours ? La grande question fuse :
"- Est-ce que tu l'as inscrit à l'école ?
- Euh non pas encore... Il n'est pas propre...
- Ah mais il faut lui enlever, il n'aura pas le choix !
- Oui mais euh je me dis qu'il est encore petit pour l'école, qu'il n'est pas prêt...
- Lui ou toi ? Et voilà encore une maman qui a du mal à couper le cordon... "


Couper le cordon ? A deux ans ? Mais à deux ans, au fait que fera-t-il le bout de chou à l'école ?
En moyenne un enfant construit ses premières phrases (sujet, verbe, complément) à 3 ans... c'est donc un enfant qui devra poser son doudou (sauf dans les maternelles sympathiques où la maîtresse veut bien que le petit garde l'objet qui le rassure), un enfant qui renoncera à sa sucette parce qu'on ne le comprend pas quand il parle sinon, un enfant qui aura tout intérêt à être propre... Il apprendra à faire pipi et à dormir sur commande et surtout surtout il se socialisera.
Mince mes oreilles résonnent encore des cris déchirants poussés par les petits de la maternelle à côté de l'auto-école de ma grande... pas seulement des cris de jeux, non, des cris exutoires..  Même si à la maternelle on est plus libre de bouger qu'en primaire, un minimum de discipline s'impose, c'est l'école tout de même, ça ne rigole pas, il faut apprendre...
Mais le petit enfant n'apprend-t-il pas spontanément ?

Alors je ne jette pas la pierre... Ma fille cadette est allée à l'école à 2 ans 1/2, oh pas beaucoup, deux matinées par semaine, mais tout de même... Elle voulait y aller, elle voulait aller apprendre, elle voulait renoncer aux couches pourtant elle n'y arrivait pas et, de mon côté, ça m'arrangeait, je pensais que c'était naturel d'attendre, moi je n'avais pas envie qu'elle y aille, elle était trop petite... Elle avait encore une démarche hésitante, elle ne parlait pas très bien, au fond elle était encore un bébé...
Mais elle était tenace, elle a insisté, réussi à se passer des couches le jour et elle a fini par aller rejoindre les autres enfants scos à tout juste 2 ans 1/2, elle a baragouiné qu'on n'apprenait pas à l'école mais qu'il y avait plein d'enfants et ça, ça la ravissait ! Et elle a aimé aller à l'école en pointillés durant quelques années, c'était son choix à elle, pas celui d'une norme.

Aujourd'hui loin des bancs de l'école nous apprécions toute la pression à laquelle les filles ont échappé, elles en ont trop vécu lorsqu'elles y étaient, lorsqu'il fallait faire ci à tel âge, lorsqu'il fallait faire comme ça sans pouvoir dévier de la ligne imposée, lorsque la grande a vécu les évaluations nationales et la pression qui allait avec... Elles ont pu choisir l'option qui leur convenait le mieux puisqu'elles ont connu les deux réalités : scolarisation et non scolarisation.

Elles grandissent... Elles n'ont pas échappé à certaines pressions, il y a toujours quelqu'un pour avoir une idée très arrêtée, il y a les contrôles pédagogiques aussi. Les pressions existeront dans leur vie d'adulte... On m'a parfois demandé si ça ne serait pas plus dur pour elles en n'ayant pas été exposées aux pressions scolaires, les pressions scolaires vécues ne leur ont rien apporté de positif, elles ne m'ont rien apporté non plus lorsque je suis restée à l'école de la maternelle aux études supérieures, elles m'ont offert des "noeuds" au ventre et puis c'est tout. C'est l'amour et la confiance que j'ai rencontrés au cours de ma vie qui m'ont permis d'avancer pas les critiques, les doutes, les pressions extérieures ou intérieures d'ailleurs.

Nous sommes pressurés... nous nous auto-pressurons... nous et les autres...
Dans un an mon n'amoureux aura 50 ans... Des amis nous ont expliqué que nous aurions le bonheur de recevoir des offres pour les conventions obsèques en même temps que les cartes d'anniversaire.
Et là j'ai simplement envie de vous dire "Nan mais oh, ça n'est pas bientôt fini ?!"
2 ans, vite l'école, vite être grand, vite savoir lire.
50 ans, déjà vieux, déjà penser à la mort.
Et on vit quand dans tout ça ? 

10 commentaires:

  1. Tellement vrai tellement bien écrit, merci Isa Lise. triste à la fois mais n'oublions pas notre vie est choix et libre arbitre...YES !!!! J'aurais juste mis peut-être couche culotte au lieu de pampers..car j'aime pas pampers...mais c'est fait exprès peut-être...
    Murielle G.

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    1. Merci pour ton retour Murielle. Oui c'est un choix d'écrire Pampers, ça m'ennuyait un peu de faire de la pub indirecte mais la rime me semblait importante pour boucler cette idée de cycle dans lequel on nous bouscule de plus en plus... Heureusement face à ça, il me semble que nous sommes de plus en plus nombreux aussi à vouloir résister à cette pression incessante.
      Bonne soirée !

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  2. j'aime beaucoup ton article, il illustre bien comment on ne cesse de nous mettre sur des rails, sans qu'il soit permis de s'interroger / remettre en question. Il y a UN système, UN moment pour faire chaque chose, et honni soit qui s'en écarte

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    1. Merci pour ton retour Gwen.
      Le plus étrange c'est que la majorité ne semble pas se demander pourquoi il serait si important de mettre son enfant à l'école dès 2 ans... Pour nos grands parents qui n'allaient pas à l'école avant 4, 5 ou même 6 ans, ça reste pourtant surprenant... D'un côté on vante un niveau passé par rapport à autrefois et de l'autre on ne réalise pas que les enfants n'allaient pas à l'école à 2 ans...

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  3. Ton article me rappelle un livre que j'ai emprunté à la bibliothèque il quelques temps: "Ne mettez pas votre enfant à la maternelle, il est trop petit" de Béatrice Guerville avec une préface de Claire Brisset.
    C'est clair que la TPS en système classique fait froid dans le dos... pauvres bouts de chou!

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    1. Etant donné que nous allons probablement à la même bibliothèque, je vais essayer de le trouver. Merci pour ton passage Marie-Hélène. :)

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  4. Alors dis à ton cher et tendre qu'on n'a pas fini de lui signifier que désormais il fait partie des "seniors" (il devrait bientôt recevoir le test de dépistage du cancer du côlon - la "boîte à caca", comme l'appelle LePapa ici). Quant aux femmes, elles ont droit en plus, aux tests de dépistage du cancer du sein et celui pour le col de l'utérus. Tu es donc à partir de 50 ans potentiellement en grand danger !!!

    Bref, ce que tu dis est très vrai et vraiment, je trouve pathétique cette pression que l'on colle aux piou-piou dès le berceau puis qu'on s'ingénie à poursuivre jusqu'au bac, voire plus...Les parents n'ont jamais autant rêvé d'enfants parfaits, c'est très dommage et dommageable pour eux.

    Tiens, toi qui connaîs bien le monde des "dys", je viens de lire ceci :

    http://lavventura.blog.lemonde.fr/2016/02/22/un-enfant-dyslexique-nest-pas-une-dysgrace/

    Je pense que ça peut t'intéresser et c'est sympa !

    Bises. Valérie

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    1. Mon n'amoureux a été prévenu... :(

      Pour les enfants je crains que ça n'aille dans le sens d'une course à l'excellence d'autant que je vois souvent passer des mots où des parents se disent que leur enfant pourrait ainsi sauter une classe...

      Merci pour le lien, je file lire !
      Bonne journée Valérie !

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  5. sans connaître l'ief à l'époque , mes enfants ont été à 3 ans voir un peu plus suivant le mois de naissance , et j'ai attendu l'été précédent pour enlever les couches, les gens me demandais aussi alors l'école ?

    Un enfant n'a rien à faire à 2 ans à l'école, les 3/4 y sont à cause du mode de garde "gratuit" .
    Quand les parents ont le choix, bien souvent ils gardent les petits , parfois c'est comme toi , un besoin de l'enfant d'aller à l'école mais autrement les forcer si jeune pffff

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    1. Un certain nombre d'enfants semblent y aller pour la première fois avec joie puis il y a un certain nombre de désillusions... tout dépend aussi du temps passé là-bas... je me souviens d'une petite puce de tout juste deux ans qui allait en plus à la garderie le matin, le soir et à la cantine, la pitchoune tombait de fatigue au bout de deux mois et la maman s'emportait parce qu'elle n'avançait pas et "pleurnichait"... Ce jour-là j'ai franchement eu l'impression d'une école moins chère que la nounou...
      Ensuite il y a tous les virus, il parait que ça renforce les défenses immunitaires, ça me fait toujours sourire ce genre d'arguments... un enfant toujours malade est un enfant souvent fatigué et comme par hasard les opérations des végétations et amygdales sont fréquentes...

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